ALTERNATIF, The Magic Whip, Blur

Blur: spontanéité et continuité ***1/2

Blur de retour? C'était aussi inespéré qu'inattendu. Et pourtant, cet indolent et magnifique album des ex-rois de la brit-pop prouve que le groupe a repris vie comme si de rien n'était.
En fait, si on oublie le plutôt médiocre Think Thank. The Magic Whip reprend plutôt là où 13 (1999) s'était arrêté, c'est-à-dire avec Graham Coxon aux guitares. Évidemment, la musique de Blur a un peu changé, mais pas tant que ça. Cet album a beaucoup à voir avec l'électro-art-pop-rock du chanteur Damon Albarn sur son sublime Everyday Robots (2014), en particulier la planante Thought I Was a Spaceman.
D'autres, comme Ong Ong ou la poignante There Are Too Many of Us, sont du pur Blur, tant dans les arrangements, les paroles que le chant plein de spleen d'Albarn (qui explore encore la solitude et le spasme de vivre). Le quatuor a enregistré Magic Whip en cinq jours, de façon improvisée, entre deux concerts. Ce qu'il gagne en spontanéité, il le perd en raffinement et en diversité. Il y a certains morceaux, I Broadcast, par exemple, qui n'auraient pas été retenus autrement.
Il y a aussi une uniformité un peu agaçante dans la réalisation. Mais ces 12 titres finissent par s'immiscer dans notre tête au point d'en devenir obsédants. Blur favorise les textures et les atmosphères envoûtantes plutôt que les éclats éphémères. Grand bien nous en fasse. Un retour (?) réussi.