Dominique Maltais est triple championne en titre de la Coupe du monde de snowboard cross.

Blessée, Dominique Maltais s'est entraînée en secret au Mont-Sainte-Anne

Pendant que les athlètes déambulaient dans le stade Fisht, sous les yeux du président Poutine, elle regardait la cérémonie d'ouverture à la télévision en se disant que sa place n'était pas à la maison, mais avec le reste de l'équipe canadienne. «J'avais quasiment les yeux dans l'eau quand j'ai vu les montagnes», avouait Dominique Maltais à l'occasion de sa première apparition en public à Sotchi.
Il faut dire que la planchiste de 33 ans avait une bonne raison de rester chez elle pendant que les regards étaient tournés vers la ville olympique. Blessée au genou lors des X Games, fin janvier, elle était revenue en vitesse à Québec pour y subir des traitements et amorcer un retour progressif sur la neige.
«Je n'ai pas voulu en faire une grosse histoire. Je suis vraiment bien entourée. Je suis revenue rapidement à la maison, et le soir même, je voyais le médecin. Ç'a été un mal pour un bien parce qu'on dirait que mon genou va beaucoup mieux que le mois dernier», confiait-elle lors de la conférence de presse de l'équipe de snowboard.
Prétendante au titre olympique en raison de ses résultats passés et de sa position de tête au classement saisonnier de la Coupe du monde, Dominique Maltais a reçu une infiltration de cortisone pour l'aider à remonter sur sa planche. Pendant que le reste de l'équipe s'entraînait à Whistler, elle le faisait en solitaire «au Québec», sans nous dévoiler l'endroit.
Une rampe comme à Sotchi
Selon les informations glanées à Sotchi, elle a eu droit à un traitement royal au Mont-Sainte-Anne, où l'on a tout mis à sa disposition pour l'aider dans sa remise sur pied. Une rampe de lancement semblable à celle du parc extrême de Rosa Khutor a même été fabriquée, tout cela dans l'anonymat le plus complet parce que le MSA ne tenait pas à tirer profit de cette contribution, mais plutôt à venir en aide à une athlète dans le besoin.
«Ça a semé un peu la panique, il y a deux semaines, parce que j'avais de la misère à mettre du poids dessus. J'ai testé le parcours [ces deux derniers jours], ça a été un avantage pour moi car j'ai pu aussi tester mon genou, et présentement, ça va super bien et ça s'améliore à chaque jour. J'ai les genoux maganés par le sport et je fais de l'arthrose prématurée, les médecins ne sont pas allés jouer dedans pour voir c'était quoi.»
Depuis qu'elle est à Sotchi, l'athlète de Petite-Rivière-Saint-François a le sourire accroché jusqu'aux oreilles. Elle a découvert que le parcours était rapide, assez large pour six planchistes, mais aussi doté de «gros obstacles qui viennent vite» et qui promettent beaucoup d'action.
Le fantôme de 2010 n'a pas pris le même vol qu'elle vers la Russie. Favorite locale, la médaillée de bronze des Jeux de 2006 avait été battue par une contusion au poumon et un pneumothorax.
«Vancouver, ça fait longtemps que c'est oublié, c'est du passé. On vient ici pour écrire un nouveau chapitre. Je regarde vers l'avant, pas derrière. Au cours des dernières années, je me suis concentrée à m'améliorer et me créer un processus qui m'amène à gagner. Mon objectif, c'est de le répéter, et normalement, ça me procure de bons résultats. Je vais donner le tout pour le tout. Chaque fois, je me concentre sur les petits objectifs que je me fixe. Tant que je le réalise, je serai heureuse.»
Heureuse comme une fille qui vient d'arriver aux Jeux olympiques!
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Maëlle Ricker aussi va mieux
Dominique Maltais n'est pas la seule planchiste canadienne à avoir subi une blessure avant de se pointer à Sotchi. Championne olympique en titre dans l'épreuve de snowboardcross, Maëlle Ricker, sa coéquipière et grande rivale, a récemment subi une intervention chirurgicale à un poignet. Reste à voir si la poussée du départ sera aussi forte qu'elle le souhaite, dimanche.
«Je n'ai pas encore mis mon poignet à l'essai, je n'ai pas encore tiré à fond. Au moment de la course, je vais tirer, tirer, tirer. Quand je me suis blessée, je n'ai pas eu le temps d'avoir peur de rater les Jeux parce que tout le monde me disait : "Ça va aller, nous avons des médecins en place pour t'aider!"» a raconté dans un français impeccable la médaillée originaire de West Vancouver, qui identifie Dominique Maltais comme l'une des filles à battre, au même titre que la Tchèque Eva Samkova et l'Américaine Lindsey Jacobellis.