Billy Joel, le Piano Man indémodable!

Même si Billy Joel n'a endisqué aucune nouvelle chanson depuis 1993, son matériel demeure indémodable. Il l'a démontré une fois de plus vendredi à son premier passage à Québec, expédiant une montagne de succès aux oreilles du public nombreux qui avait pris d'assaut les plaines d'Abraham à l'occasion du Festival d'été de Québec.
Billy Joel sur les plaines d'Abraham
Des succès que tout le monde reconnaissait dès les premiers accords interprétés avec brio par un Billy Joel accompagné de musiciens solides. Car Joel était en voix et en parfaite harmonie avec les 88 touches de son piano, démarrant son spectacle avec quelques mesures du quatrième mouvement de la neuvième symphonie de Beethoven et enchaînant immédiatement avec My Life, puis Pressure.
«Bonsoir Québec! C'est mon premier temps en Québec!» a ensuite lancé Joel en français. «Je ne suis jamais venu à Québec! Vous vous rendez compte? Ça fait 50 ans que je fais ce travail et je ne suis jamais venu à Québec!» a-t-il poursuivi en anglais, déclenchant les éclats de rire dans la foule.
Le chanteur s'est d'ailleurs fait blagueur à quelques reprises, notamment lorsqu'il a montré à la foule son vaporisateur pour la gorge.
«J'ai déjà vu Ted Nugent l'utiliser, mais ça n'améliorait pas sa voix. Probablement parce qu'il ne se l'envoyait pas au derrière!» Il faisait autrefois le même gag à propos de Madonna plutôt que du guitariste du Michigan.
Surprises
Après les neuf premières pièces du spectacle, Joel a d'ailleurs troqué son piano pour une guitare, invitant l'un de ses techniciens surnommé «Chainsaw» à chanter Highway to Hell d'AC/DC pendant qu'il grattait de la six cordes.
Joel réservait aussi d'autres surprises qui ont plu au public, comme une interprétation de A Hard Day's Night des Beatles insérée dans son succès The River of Dreams ou une courte improvisation à propos des plaines d'Abraham juste avant l'apothéose de Piano Man, qui a fait chanter la foule et s'allumer des milliers de briquets et de téléphones cellulaires.
Le «Piano Man» a ensuite quitté la scène, mais il n'allait pas abandonner un public qui refusait de le laisser partir. Il est revenu, délaissant le piano et alignant les pièces plus rythmées comme We didn't Start the Fire (pendant que les événements énumérés dans la chanson apparaissaient sur les écrans géants), Uptown Girl et It's Still Rock 'N Roll to Me avant de retourner à son banc pour s'accompagner sur Big Shot, You May Be Right et Only the Good Die Young.
Blondie inégal
En première partie, le groupe Blondie a livré une prestation plutôt inégale. Rien à redire des musiciens, notamment le guitariste et le batteur originaux, Chris Stein et Clem Burke, qui assurent toujours. Force est d'admettre cependant que la voix de la chanteuse Debbie Harry, maintenant âgée de 69 ans, n'est plus toujours à la hauteur.
Vêtue d'une drôle de robe à l'effigie d'un mort-vivant recouvrant des cuissards rouges, la chanteuse toujours peroxydée avait énormément de difficulté dans les notes aiguës, ce qui complique les choses quand vient le temps d'interpréter des classiques comme Call Me, qu'elle avait parfois de la difficulté à suivre, ou l'introduction de Rapture.
Un peu surprenant aussi que le groupe ait choisi de consacrer presque la moitié du programme à des pièces plus récentes, surtout devant un public composé majoritairement de baby-boomers qui attendaient Billy Joel.