Pendant que les bombardements se poursuivent sur les zones contrôlées par l'État islamique, les alliés de la coalition ont du mal à s'entendre sur les objectifs à atteindre.

Bienvenue dans la coalition contre l'EI!

En théorie, une quarantaine de pays, dont le Canada, font partie de la coalition contre l'État islamique. En pratique, la Coalition se révèle un joyeux bordel, où chaque pays poursuit ses propres objectifs.
L'Égypte exige un mandat des Nations unies pour participer pleinement. La Turquie refuse d'être associée aux opérations militaires. Pire, elle continue à laisser passer les combattants djihadistes en Syrie.
L'Arabie Saoudite et les Émirats arabes réclament d'abord et avant tout le départ immédiat du président syrien Bashar Al-Assad, leur ennemi juré. En attendant, leurs avions bombardent seulement les positions de l'État islamique en Syrie. Pas en Irak.
Périodiquement, les États-Unis dénoncent les mystérieux bailleurs de fonds saoudiens, qataris ou koweïtiens qui continuent à financer l'État islamique, sous prétexte d'aider les rebelles syriens. Les Américains s'énervent: «Comment leurs alliés de la coalition peuvent-ils tolérer une chose pareille?»
Mais l'Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweït leur répondent qu'il faut bien aider la rébellion, puisque les États-Unis n'ont pas voulu intervenir en Syrie, même quand le président Assad a utilisé des armes chimiques contre sa population. Ouille.
«Le Qatar [...] est avec nous les lundis, mercredis et vendredis, et contre nous les mardis et les jeudis. Heureusement qu'il prend congé les fins de semaine», ironise le chroniqueur Thomas L. Friedman, du New York Times.
L'ambiguïté iranienne
Un casse-tête? Dites-vous bien qu'il n'a pas encore été question de l'Iran, qui ne fait pas partie de la coalition, même si ses avions ont bombardé des positions de l'État islamique dans l'est de l'Irak. Car voyez-vous, l'Iran constitue l'un des derniers soutiens du président syrien Bashar Al-Assad, dont il était question un peu plus haut. Le même homme que les Américains, les Européens et les Saoudiens considèrent comme un criminel de guerre.
D'ailleurs, le gouvernement iranien insiste pour dire que malgré les apparences, il n'existe aucune concertation avec les États-Unis. Depuis des mois, les médias iraniens ne cessent de répéter que l'État islamique est une créature créée par le gouvernement américain.
Bonjour l'ambiance. Avec des alliés pareils, qui a besoin d'ennemis?