Biathlon: Le Guellec tire sa révérence

À sa dernière course internationale, Jean-Philippe Le Guellec s'est permis un dernier tour d'honneur devant le peloton, samedi, au Centre de glisse Laura. Il rentre dans ses terres avec une septième place du relais 4 X 7,5 km de biathlon.
Pour lui, c'est bel et bien le bout du parcours. Pas question de changer d'idée, l'heure de la retraite sur la scène mondiale a sonné, ne reste qu'une participation honorifique au Championnat canadien, à la mi-mars.
«Aujourd'hui [samedi], j'étais très zen, j'avais l'intention de m'amuser et, au début de la course, j'étais dans une belle zone», confiait le biathlète de 28 ans de Val-Bélair et premier du carré d'as à s'élancer.
Et tout avait bien commencé pour lui. Il skiait à un rythme élevé dans des conditions faciles, pour une fois. À son premier passage au champ de tir en position couchée, une note parfaite (5/5) lui permet d'entreprendre la seconde boucle en tête du groupe.
Sans forcer ni chercher à pousser la note, il rentre dans le stade avant tout le monde. Installé au premier pas, il atteint ses deux premières cibles. Puis, tout s'enraie dans son corps.
«J'étais bien reposé quand je suis arrivé au tir en position debout, mais je me suis mis à trembler. Il m'a toujours été plus difficile de tirer debout que couché. J'ai été obligé d'utiliser mes balles supplémentaires et de faire une boucle de pénalité», a expliqué Le Guellec.
Sorti de là en 17e place, il a réussi à remonter jusqu'au 11e rang avant de taper dans le dos de son coéquipier Scott Perras, qui a été suivi de Brendan Green et de Nathan Smith. La Russie, l'Allemagne et l'Autriche ont pris place sur le podium.
Contrairement aux courses individuelles, les biathlètes possèdent trois balles de plus au relais pour faire tomber les cinq cibles. Si Le Guellec était utilisé en tout début de course, c'était justement en raison de sa vitesse d'exécution, qui permet habituellement aux siens de rester parmi le groupe de tête jusqu'au premier changement. Après avoir raté deux cibles avec ses cinq balles initiales, il a perdu du temps avec ses douilles supplémentaires, gaspillant deux cartouches sur trois, ce qui l'a obligé à faire une boucle de pénalité.
«L'objectif était d'égaler notre meilleur classement au relais, qui était une sixième place. Ça aurait été malade. Pour cela, il fallait skier vite, ce que j'ai fait, mais aussi de ne pas utiliser de balles en surplus ni de se taper une boucle de pénalité. À ce niveau, c'est un échec pour moi», analysait-il avec sa franchise coutumière.
Aucun regret
Avant le départ, quelques collègues l'ont salué, sachant qu'il tirait sa révérence au bout des 7,5 km. Canadiens, Français et Américains étaient au courant de ses projets, les autres l'ignoraient.
«Ce n'est pas comme si je l'avais crié sur les toits non plus... Je n'ai pas le goût de changer d'idée, je suis serein dans ma décision. Je suis arrivé ici avec la meilleure préparation de ma vie aux Jeux olympiques ou dans les championnats du monde. La preuve que je suis prêt à m'arrêter, c'est que je ne suis pas nostalgique, je n'ai aucun regret.»
Il n'avait pas encore planifié une petite fête, le relais étant trop important pour penser à autre chose. L'idée de souligner sa dernière course lui plaisait, toutefois. «Je ne suis pas fermé à cela... Lundi, je rentre à la maison, pour de bon!»