Sébastien et l'énorme chienne Belle deviennent bien vite inséparables.

Belle et Sébastien: mon chien, ce héros! ***

Belle et Sébastien, inspiré de l'oeuvre de Cécile Aubry et de la télésérie du même nom, a connu un immense succès populaire en France. On comprend pourquoi : cette leçon de courage et d'amitié inconditionnelle entre un jeune garçon et sa chienne, magnifiquement filmée, en fait un beau film familial à la Conte pour tous. Ses défauts sont d'ailleurs peu apparents pour les jeunes et pour ceux qui ont conservé leur coeur d'enfant.
Comme le titre l'indique, les vedettes du film sont Sébastien (Félix Bossuet), un garçon qui gambade dans la montagne sous l'oeil bienveillant de son grand-père (Tchéky Karyo, vraiment bon), et Belle, une énorme chienne errante battue par son ex-propriétaire. Bien vite, ils ne se lâchent plus d'une semelle. Sébastien vit avec Angélina (Margaux Chatelier), qui accueille souvent Guillaume, le docteur du village (Dimitri Storoge).
Nicolas Vanier, qui s'est fait un nom comme aventurier et documentaliste, en profite pour nous en mettre plein la vue avec des images d'Épinal et de paysages de cartes postales. C'est agréable, mais ça ne fait pas un gros enjeu dramatique.
Le scénariste Fabien Suarez a donc pris deux décisions impor­tantes. D'abord, il a conservé la base - Sébastien a une liberté totale, son grand-père qui doit lui enseigner la vie prend un petit coup, etc. - tout en modernisant certains personnages. Dans cette version grand écran, Angélina est une femme libre et indépendante (têtue aussi), ce qui ne correspond pas tout à fait à l'époque...
Car, ensuite, il a transposé le récit en pleine Seconde Guerre mondiale. Les nazis, qui occupent le village, recherchent ceux qui aident des Juifs à traverser en Suisse, la nuit, à leur nez et à leur barbe.
La décision est audacieuse et elle aide le film à sortir du pittoresque (même si les dialogues sont insipides). De plus, le scénario évite le manichéisme. Par contre, on traite ce sujet grave sur un ton un peu trop léger et hop la vie - même pour un film familial.
Tout ça reste d'ailleurs très prévisible et formaté. D'autant que Nicolas Vanier, à son premier long métrage de fiction, ne pèche pas non plus par excès d'originalité. Il offre une mise en scène très classique.
Pour quiconque prêt à braver une avalanche de sentiments, Belle et Sébastien est un bon moment de cinéma popu­laire, loin du cynisme ambiant et des clins d'oeil aux adultes de certaines productions hollywoodiennes. Ah! j'oubliais presque : faut aimer les chiens, par contre...
Au générique
Cote : ***
Titre : Belle et Sébastien
Genre : aventures
Réalisateur : Nicolas Vanier
Acteurs : Félix Bossuet, Tchéky Karyo, Margaux Chatelier, Dimitri Stroroge
Salles : Beauport, Clap, Des Chutes, Sainte-Foy
Classement : général
Durée : 1h39
On aime : les superbes images extérieures, la chienne, la liberté
On n'aime pas : le ton trop léger, la forme très classique