Selon les recherches de Christopher T. Fennell, professeur adjoint à l'École de psychologie de l'Université d'Ottawa, les enfants bilingues ont de la difficulté à différencier des mots similaires.

Bébés bilingues: un désavantage à l'école?

Les enfants bilingues sont-ils plus enclins à avoir des difficultés grammaticales? «Pas du tout. On observe que, peu importe les difficultés techniques grammaticales, les enfants se débrouillent aussi bien dans une langue que dans l'autre», dit Ginette Dionne, psychologue spécialisée en développement du langage et enseignante à l'Université Laval. Des confusions peuvent survenir en bas âge (prononcer les «s» du pluriel, en français, comme en anglais, par exemple), mais ne persisteront pas.
Toutefois, selon les recherches de Christopher T. Fennell, professeur adjoint à l'École de psychologie de l'Université d'Ottawa, les enfants bilingues ont de la difficulté à différencier des mots similaires. Ils auront par exemple davantage de difficulté à différencier les mots beau et peau, en français, et bath et path, en anglais. Mais lorsque les mots sont placés dans un contexte précis, l'enfant se retrouve facilement. La phrase agit comme repère et indique au jeune quel mot il doit utiliser.
Des chercheurs ont observé, lors d'études menées au Québec dans le milieu des années 90, que les enfants à la maternelle inscrits dans une langue autre que celle à laquelle ils ont été exposés à la maison présentaient un désavantage important côté lecture. Une chose à éviter, donc, selon Mme Dionne : mettre l'accent sur une langue avant de fréquenter une école dans une
autre.
Originaire du Nouveau-Bruns­wick, un milieu bilingue, Mme Dionne est surprise de voir que les parents québécois tiennent souvent à tout prix à ce que leurs enfants francophones apprennent l'anglais. Même jusqu'à forcer les choses en jeune âge. Elle a vu des parents chercher la proximité des enfants d'amis bilingues pour que leurs jeunes soient en contact avec l'anglais. Autre exemple : une femme francophone aurait parlé à ses enfants en anglais depuis leur naissance. «C'est plus une crainte des parents : une génération de parents n'est pas bilingue», croit-elle. La meilleure option demeure toutefois l'exposition en milieu naturel, indique la psychologue.