Dans Barbecue, Antoine réunit ses amis dans une luxueuse maison de campagne, dans un décor à couper le souffle, et leur dit leurs quatre vérités.

Barbecue: un bien-cuit pas assez épicé

On ne peut pas dire que les scénaristes de Barbecue se sont cassé la tête avec ce énième film sur la bande de copains dont une crise vient lézarder l'amitié. D'autant qu'il s'agit pratiquement d'une copie conforme des Petits mouchoirs (Guillaume Canet), le mélo en moins, sorti il y a à peine quatre ans. Heureusement que le film compte sur une bonne distribution qui a manifestement beaucoup de plaisir à jouer dans cette comédie estivale légère.
À 50 ans, Antoine (Lambert Wilson) a tout pour être heureux : un bon emploi, une femme médecin (Sophie Duez), un fils et, surtout, un solide groupe d'amis qu'il fréquente assidûment. Pourtant, comme il le dit lui-même, il se fait chier. Ses amis l'emmerdent, il trompe sa femme et son ennui avec des jeunes femmes qui pourraient être ses filles. Jusqu'à l'infarctus.
Lui qui a fait attention toute sa vie, sans résultats, décide de n'en faire qu'à sa tête et de s'éclater. Désormais sans filtre, il va dire leurs quatre vérités à ses amis et à leurs femmes, tous réunis par ses soins dans une luxueuse maison de campagne, dans un décor à couper le souffle.
L'exercice tourne un peu à vide, même si Éric Lavaine et Hector Cabello Reyes ont placé quelques bonnes réparties dans la bouche de leur distribution de comédiens aguerris. C'est que les personnages sont extrêmement typés. Il y a Yves (Guillaume De Tonquédec), l'emmerdeur de première; Jean-Michel (Jérôme Commandeur), le simplet; Laurent (Lionel Abelanski), le cassé; Olivia (Florence Foresti), la femme libérée; Baptiste (Franck Dubosc), le séparé jaloux... Dans ce dernier cas, on verse carrément dans la caricature, au point d'en être franchement énervant, même si Dubosc est meilleur que d'habitude.
Convenu et prévisible
On se demande d'ailleurs comment on peut croire que ces individus disparates et sans réelle complicité ont pu rester amis pendant 30 ans. L'habitude? D'ailleurs, le tout distille un mol ennui qui manque singulièrement de piquant et reste en périphérie des grandes questions sur l'amitié résistant à l'usure du temps.
Reste que dans ce film convenu et prévisible, porté par une mise en scène de routine de Lavaine (Incognito), Lambert Wilson est impérial. L'acteur inspiré autant dans la comédie (Molière à bicyclette) que dans le drame (Des hommes et des dieux) ne fait pas toujours de bons choix de film. Cette fois encore. Mais son interprétation amusée d'Antoine, à qui il insuffle une belle humanité même dans l'odieux, vaut le détour. Florence Foresti aussi, en femme capable de rivaliser avec les boys, se débrouille bien.
Barbecue est un divertissement sans prétention. Et il doit tout de même toucher certaines cordes sensibles puisqu'il a réussi à faire 1,6 million d'entrées en France depuis sa sortie, le 30 avril.