Pauline Marois

Bain de foule tumultueux pour Marois à Boucherville

Les bains de foule sont un exercice périlleux en politique. Pauline Marois en a fait l'expérience, en se retrouvant devant une jeune immigrante qui lui a fait savoir que la charte de la laïcité ne fait que diviser les citoyens.
Samedi, Samar Assoum a eu une conversation animée, mais polie, avec la chef du Parti québécois (PQ) qui s'est portée à la rencontre de citoyens dans un centre commercial de Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal.
«Tout ce que les politiciens font, c'est de nous diviser. Pourquoi? Pour avoir des votes», a-t-elle fait valoir aux journalistes qui suivent la tournée électorale de la chef péquiste.
«Quand on dit une infirmière ne peut pas porter de voile, pourquoi pas? On manque d'infirmières, on manque de spécialistes. Ce qui est important, c'est ce qui est dans la tête de la femme.»
La femme de 24 ans est d'origine libanaise et de confession musulmane. Elle ne porte pas le hijab, tout en défendant le choix de coreligionnaires de le faire. «Il y a tellement de choses plus importantes! Quand je vais à Montréal, je ne vois pas de femmes avec le tchador, mais de plus en plus de femmes itinérantes.»
L'étudiante en droit international à l'Université de Montréal a admis qu'elle est portée à appuyer le libéral Philippe Couillard. Elle a précisé qu'elle n'est cependant pas une militante du PLQ.
Samar Assoum a qualifié de «ridicule» la candidate péquiste dans Gouin, Louise Mailloux, qui a déjà qualifié de «viol» le baptême chez les catholiques et la circoncision chez les juifs. «Est-ce que vous voulez que le Québec ait des représentantes comme ça? Moi, non!»
La professeure de philosophie Louise Mailloux a publié, en après-midi, un communiqué de presse pour s'excuser «des paroles [qu'elle a] prononcées dans le cadre du débat sur les accommodements raisonnables». À son point de presse quotidien, Mme Marois a refusé de désavouer cette candidature.
À Boucherville, la vaste majorité des gens que Pauline Marois a croisés se sont montrés sympathiques à elle et à sa formation. La chef péquiste se livre assez fréquemment à des séances où elle distribue à l'improviste, dans des lieux publics, des poignées de main et embrasse de jeunes enfants.
Les politiciens courent toujours un risque en effectuant de telles sorties. En 2012, après le tumultueux «printemps érable», l'ex-chef libéral Jean Charest a systématiquement refusé d'en faire. En 2007, il s'était sèchement fait rabrouer par un travailleur, lors d'une visite industrielle.
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Droit de parole pour Daniel Breton!
«La majorité des électeurs que je croise sont très heureux de voir M. [Pierre Karl] Péladeau au sein de la famille souverainiste», a répondu le député Daniel Breton. Banal commentaire, mais notons que le journaliste a précédé sa question d'un «est-ce que M. Breton parle, ce matin?» Bien entendu, c'était un point de presse de sa chef, mais sachons que le personnel politique du Parti québécois est toujours un peu nerveux quand le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques s'adresse aux médias. «Tout le monde peut parler dans mon équipe», a fait savoir en riant Pauline Marois. M. Breton a rappelé «que ça va très bien» avec le baron de la presse. Il a beaucoup discuté avec lui sur son dossier de l'électrification des transports, pendant les mois où M. Péladeau a été président du conseil d'administration d'Hydro-Québec. «Lui aussi possède une voiture électrique», a dit avec fierté l'ex-leader écologiste.