Awolnation au parc de la Francophonie

Awolnation: à plein régime

Même si le nom de son groupe, Awolnation, vient d'une expression militaire qui désigne grosso modo un déserteur, Aaron Bruno était plus que présent, vendredi, pour survolter le parc de la Francophonie avec des compositions beaucoup plus punk que pop, et résolument rock.
Sa prestation a passé à la vitesse grand V. Il voulait faire lever le party, c'est mission réussie. Avec sa longue tignasse blonde et son énergie de dynamite, il a tôt fait d'entraîner du body surfing, un moshpit, des bras levés en l'air et beaucoup de sautillage...
Ça sonnait comme une tonne de briques, au point même d'être un peu trop tonitruant et d'enterrer la voix pourtant rugissante d'Aaron Bruno. Chose certaine, la puissance sonore a fait son effet pour faire embarquer la foule.
Les pièces de Megalithic Symphony, le premier album studio de la formation, ont été livrées dans un emballage beaucoup plus punk-rock que sur disque, où le côté pop est plus évident. Sauf pour quelques pièces, cette dimension de la musique d'Aaron Bruno a carrément pris le bord. À vrai dire, c'est tant mieux, parce que ça a créé toute une ambiance au Pigeonnier, pour ceux qui avaient tourné le dos à la légende Billy Joel en prestation sur les Plaines.
Le tout a culminé avec la puissante Sail, la plus connue des festivaliers présents qui ne se sont pas gênés pour chanter. Il ne restait à Awolnation qu'à terminer d'enflammer la foule pour de bon avec Burn it Down avant un rappel substantiel et délirant.
Sam Roberts Band
Le Sam Roberts Band a lancé sa prestation avec l'entraînante Shapeshifters, du dernier-né Lo-Fantasy. C'est dans cet album qu'ils ont pigé la majorité des chansons de leur - trop courte - prestation.
Sam Roberts a définitivement fait évoluer sa pop-rock efficace sur Lo-Fantasy, en l'additionnant de nouvelles sonorités teintées de synthétiseurs et de cuivres - on a d'ailleurs eu droit à la très chouette présence d'un saxophoniste sur scène. L'hymne franchement électro - et franchement réussi - Chasing the Lights est une preuve éloquente de l'efficacité de ce nouveau virage.
Même s'ils ont semblé apprécier les nouvelles pièces, les fans ont été ravis d'entendre des bons vieux succès de Roberts comme Where Have All the Good People Gone et Brother Down, de son très ensoleillé premier album We Were Born in a Flame.
Une solide prestation qui aurait très bien pu faire figure de tête d'affiche au parc de la Francophonie, en version allongée. Le Sam Roberts Band, et son toujours charismatique chanteur (qui prend la peine de s'exprimer en français), était sur sa lancée, on en aurait pris plus!
ALB
Le Français ALB a eu la tâche d'animer une foule dégarnie au parc de la Francophonie en début de soirée. Clément Daquin, de son vrai nom, s'était adjoint un batteur pour l'occasion. Ils n'étaient que deux sur scène, mais leur électro-pop sonnait comme s'ils étaient quatre ou cinq! Les multi-instrumentistes s'amusaient avec des échantillonnages électroniques pour faire fonctionner leur supercherie, et ça fonctionnait très bien. Qui plus est, Daquin a une fort belle voix, un peu rauque, et presque exempte d'accent en anglais. Ils sont à nouveau en spectacle samedi soir, à 20h, à l'Impérial.