La  maison du couple Dorion-Poussart est bien intégrée aux constructions de l'avenue Maguire.

Avenue Maguire: une architecture simple et sympathique

L'avenue Maguire n'est pas flamboyante. Mais elle affiche une uniformité architecturale qui la rend sympathique et relax. Ses bâtiments commerciaux à toit plat et à corniches moulurées sont dotés de ces façades postiches caractéristiques de l'architecture Boomtown.
L'avenue Maguire
>> Toponymie
Né à Québec et curé de la paroisse Saint-Michel-de-Sillery entre 1894 et 1934, le chanoine Alexandre-Eustache Maguire a donné son nom à l'avenue Maguire. Peu après son arrivée dans la paroisse, il proposait d'ouvrir une rue dans le prolongement de la côte de Sillery (alors appelée Church Road) jusqu'au chemin Gomin, et ainsi relier l'église Saint-Michel (alors baptisée Saint-Colomb) au cimetière paroissial (l'actuel cimetière Saint-Michel), où reposent le curé Maguire et l'ancien premier ministre du Québec René Lévesque.
L'historienne Nicole Dorion-Poussart connaît bien cette artère, puisqu'elle habite sa portion résidentielle depuis plusieurs années avec son mari, Denis Poussart. Ils vivent dans un jumelé qui a été annexé à une maison existante. Avec sa brique rouge, son pignon et ses beaux arbres, «il est bien intégré à ses voisines», observe le couple.
Située entre le boulevard Laurier et la rue Sheppard, leur maison se trouve tout près des commerces, mais en retrait. «L'avenue Maguire est un lieu riche et équilibré où le citoyen a rarement besoin d'utiliser sa voiture», note Mme Dorion-Poussart.
Le Beaubourg, un complexe de bureaux et de commerces construit en 1993 à côté du grand stationnement public, a transformé l'avenue Maguire, commente-t-elle. Il a son fronton, sa tour et sa brique rouge, à l'image des bâtiments qui l'entourent. L'unité est préservée.
Presque partout dans le secteur commerçant, les édifices sont cubiques et construits avec des toits plats, «parce que ça coûte moins cher», analyse Denis Poussart. L'essentiel de leur ornementation se concentre sur leurs façades postiches. Tous ces éléments s'inscrivent dans le courant de l'architecture Boomtown qui s'est répandue en Amérique du Nord au tournant du XXe siècle.
Vivante à longueur d'année, l'avenue Maguire a séduit ce couple d'intellectuels aussi porté sur la fréquentation de la bibliothèque que celle de la fête de quartier, qui se tient en août chaque année. Nicole et Denis apprécient «l'atmosphère de village» de leur rue, où ils croisent des amis et des connaissances chaque fois qu'ils sortent pour une promenade ou des courses. «C'est un milieu de vie très humain», résume Nicole.
Et les marchands contribuent à l'animer en saisissant tous les prétextes pour décorer leur devanture : fleurs estivales, citrouilles d'automne, sapins de Noël, monuments de glace du Carnaval.
La Société d'histoire de Sillery a publié des fascicules qui proposent des randonnées pédestres agréables à partir de l'avenue Maguire, notamment vers le promontoire de la pointe à Puiseaux où trônent l'église Saint-Michel, le parc des Grands Voiliers, le cimetière-jardin Mont-Hermon, le domaine Beauvoir.
Arbres menacés
Nicole et Denis se réjouissent de vivre entourés d'arbres. Ils déplorent cependant que la partie commerciale de l'avenue Maguire en soit pratiquement dépourvue. «La construction récente de l'immeuble de la caisse populaire a malheureusement fait disparaître les arbres qui s'élevaient au début de la rue de Bergerville, constate Mme Dorion-Poussart. Il n'en reste que quelques-uns devant la bibliothèque Charles-H.-Blais et sur le terrain de stationnement à aire ouverte située entre Le Beaubourg et la station de pompiers.»
Ceux-là aussi pourraient être rasés. Un ancien projet de condos sur plusieurs étages «revient dans l'air» sur ce stationnement. Le charme de Maguire en pâtirait, se désole le couple.
«On en parle depuis longtemps», confirme Francine Lortie, présidente de l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge. Selon elle, ce nouvel immeuble serait assorti d'un stationnement souterrain plus grand que l'actuel, dont les 92 places ne suffisent pas «à l'heure de pointe».
Les marchands réclament plus de cases pour les voitures. La construction d'un immeuble avec des condos, des logements et des espaces commerciaux permettrait, en somme, de financer celle d'un stationnement à plusieurs étages.
Un autre dossier à suivre dans le secteur de Sillery.