Autoroute 73: un couple perd sa bataille... et ses terres

Un couple de Beauceville vient de perdre sa bataille pour annuler la loi québécoise qui a autorisé le prolongement de l'autoroute 73 sur une partie de ses terres.
Josée Bilodeau et Pascal Veilleux voulaient également faire tomber l'avis d'expropriation qui menace une partie de leurs terres agricoles et être indemnisés pour les dommages qu'ils disent avoir subis depuis six ans. Ils semblent désormais résignés à l'idée que l'autoroute soit prolongée près de leur résidence, afin de relier Beauceville à Saint-Georges.
Le juge Jacques Blanchard de la Cour supérieure a récemment tranché que le gouvernement du Québec avait le pouvoir d'adopter, en 2011, une loi qui autorise la construction d'un tronçon empiétant sur les terres du couple beauceron.
Et ce, même si Josée Bilodeau et Pascal Veilleux avaient obtenu gain de cause en Cour supérieure en 2010. Un juge avait alors déclaré nul le décret de dézonage qui permettait d'utiliser à d'autres fins que l'agriculture les terres du couple ainsi que d'autres lots.
Les choses ont changé avec l'adoption d'une loi spéciale : le juge Jacques Blanchard soutient qu'il n'appartient pas aux tribunaux «de se substituer au législateur et à son jugement politique». Le gouvernement a «fixé l'état du droit» à l'aide d'une loi, et il peut le faire «comme bon lui semble», précise-t-il.
Aucun dommage accordé
Le juge Blanchard refuse par ailleurs d'accorder les dommages de 80 000 $ réclamés par le couple, qui se défendait seul pour cette nouvelle procédure.
Josée Bilodeau et Pascal Veilleux ne sont pas plus parvenus à annuler l'avis d'expropriation visant une partie de leurs terres. Le juge estime plutôt que le couple sera «compensé par une juste indemnité d'expropriation».
Jointe mardi par Le Soleil, Josée Bilodeau était «encore sous le choc» du revers infligé par la Cour supérieure. «Ce n'est pas un jour heureux pour les citoyens qui s'adressent à la justice», a-t-elle exprimé.
Comme elle venait de prendre connaissance du jugement, il était encore «trop tôt» pour déterminer si son conjoint et elle tenteront de porter le jugement en appel. «Je voulais avoir un avis de la cour. Je l'ai fait, je suis contente de l'avoir fait. Au moins, l'expropriation ne vient pas du gouvernement, mais de la plume d'un juge», glisse-t-elle. «Il faut que les gens sachent que le gouvernement respecte juste les jugements qu'il gagne», a souligné Mme Bilodeau.