Certaines scènes délirantes d'Au nom du fils pourraient sortir d'un film des Monty Pythons.

Au nom du fils: la main armée de Dieu

Au nom du fils ne pouvait arriver à un meilleur moment à Québec alors que se déroule le procès des Rédemptoristes en lien avec des actes de pédophilie perpétrés au Séminaire Saint-Alphonse. Le film à l'humour très noir de Vincent Lannoo, coscénarisé par Philippe Falardeau (Monsieur Lazhar), se livre à une charge à fond de train pour dénoncer l'hypocrisie de l'Église et sa position moralement inacceptable dans les scandales pédophiles.
Le film s'ouvre sur un clip délirant mettant en scène tout ce que l'Église demande, exige plutôt, à ses fidèles. La table est mise. Le ton est résolument noir, grinçant et décalé, avec un regard très critique de l'aveuglement volontaire de certains croyants.
Élisabeth (Astrid Whettnall) a une foi inébranlable et une famille très pratiquante. Elle multiplie les sermons creux à son émission de radio en réponse aux colles théologiques que lui posent ses auditeurs. La mère de famille offre bientôt le logis au père Achille (Achille Ridolfi), qui prend sous son aile le jeune Jean-Charles (Zacharie Chasseriaud). À partir de ce moment, la zélote va vivre une véritable descente aux enfers...
Le spectateur, lui, va se retrouver confronté à plusieurs scènes délirantes, dont certaines semblent tout droit sorties d'un film des Monty Python (notamment celle d'un camp d'entraînement où les croisés s'attaquent à des musulmans de carton-pâte). Le scénario du réalisateur belge et de Falardeau multiplie les références religieuses et utilise aussi son iconographie sans que ce soit totalement irrévérencieux.
Vincent Lannoo aurait certainement dû faire preuve d'un peu plus de retenue. La deuxième partie, qui baigne dans le sang, prend des allures très tarantinesques. C'est amusant, mais ça gâche un peu la dénonciation. Bien sûr, Au nom du fils refuse de se prendre au sérieux. Le film expose néanmoins la duplicité, les préjugés et la manipulation exercée par la hiérarchie religieuse contre ses ouailles.
Sympathique et sans prétention, on peut tout de même reprocher à Au nom du fils de prêcher aux convertis. Ceux qui devraient réellement le voir ne le feront pas. Quant aux autres, ils seront confortés dans leurs propres croyances sur la supériorité de l'athéisme. Ça manque de nuances, mais, au moins, on se paye une pinte de bon sang.
Au générique
Cote : ***
Titre : Au nom du fils
Genre : comédie dramatique
Réalisateur : Vincent Lannoo
Acteurs : Astrid Whettnall, Philippe Nahon et Achille Ridolfi
Salle : Clap
Classement : 13 ans et plus
Durée : 1h20
On aime : le ton grinçant, le sujet, l'efficacité de la réalisation
On n'aime pas : certains aspects trop caricaturaux