On est charmé par cette exposition de Marianne Chevalier. La mythologie devient ici une matière tout à fait ludique.
On est charmé par cette exposition de Marianne Chevalier. La mythologie devient ici une matière tout à fait ludique.

Au-delà de l'orée à Engramme: partie de cache-cache

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
Marianne Chevalier nous entraîne dans les bois, où un personnage insaisissable et multiforme de la mythologie celte se cache. La galerie d'Engramme se transforme, pour les semaines à venir, en un lieu sacré, étrange et en même temps lumineux et coloré.
Marianne Chevalier nous entraîne dans les bois, où un personnage insaisissable et multiforme de la mythologie celte se cache. La galerie d'Engramme se transforme, pour les semaines à venir, en un lieu sacré, étrange et en même temps lumineux et coloré.
En estampe, les vert lime, jaune éclatant, bleu ciel, corail et mauve vif sont peu communs. Mais lors d'une résidence à Glasgow, en Écosse, en 2009, Marianne Chevalier a découvert des encres aux couleurs intenses, modernes, voire carrément pop, qu'elle a reproduites dans l'atelier d'Engramme.
Pour créer des images hybrides, elle utilise des morceaux de photocopies, qu'elle dispose en collage : une technique qu'elle exploite aussi pour son travail d'illustratrice.
Dans la galerie lumineuse, sur 22 feuilles disposées en cercle, comme des bannières, autour d'un bouquet de branches, on trouve des dessins de Pookas. Ces génies de la nature, issus du folklore écossais, sont des créatures anciennes, qui peuvent apporter le malheur, nous explique l'artiste, qui a étudié à l'Université Laval et est maintenant établie à Saint-Lambert.
Délicats motifs
Ces êtres à la forme changeante possèdent des parties animales et végétales. Griffes, ailes, tentacules et pattes surgissent des amas de racines, qui créent de délicats motifs semblables à de la dentelle. Certains semblent aussi faits de roc ou de terre, et nous révèlent l'empreinte d'un visage humain, d'un foetus ou d'un coeur. De jolies monstruosités, en pleine mutation.
À travers cette horde de Pookas, Marianne Chevalier a également installé des silhouettes d'arbres monochromes, où sont nichés des objets magiques qui renvoient aux contes de fées, au quotidien ou à l'enfance. Elle y a inscrit, en langue gaélique, des mises en garde un peu absurdes, qui donnent une touche d'autodérision à l'installation.
On est charmé. La mythologie devient ici une matière tout à fait ludique. En se promenant d'une feuille à l'autre, de vieilles comptines nous viennent en tête, et on se prend à imaginer des histoires extraordinaires. On est impatient de replonger dans l'univers de Marianne Chevalier.
À voir jusqu'au 10 avril au 510, côte d'Abraham. Info : 418 529-0972