La toile L'arrivée des Augustines et des Ursulines de soeur Marie-Blanche Lemieux dite Sainte-Marie.

Au-delà de la peur

«Quel courage extraordinaire que de partir sur la mer comme elles l'ont fait, mais surtout quelle foi puissante elles avaient.» Soeur Gabrielle Noël, depuis le monastère des Ursulines, décrit le périlleux voyage en mer du groupe de trois ursulines et de trois augustines arrivées à Québec un certain 1er août 1639.
«J'ai fait la traversée à quelques reprises [en avion] et lorsqu'on me servait un verre d'eau ou un sandwich, je ne pouvais m'empêcher de penser à ce que mes prédécesseurs ont vécu pour se rendre ici», poursuit l'héritière de la pédagogie de Marie de l'Incarnation.
Soeur Gabrielle ne veut surtout pas que soit oubliée leur dure épreuve. «Elles ont mangé de la morue dans le vinaigre et ont dû boire que du vin puisque l'eau était contaminée. Ce qu'elles ont vécu, c'est bien plus que de l'inconfort», poursuit-elle.
L'historien et responsable de la recherche et du développement au Musée des Ursulines de Québec, Julien Mercure-Gauvin, a regroupé tous les récits et les correspondances qui racontaient la traversée.
Dans un narratif «en direct» publié sur le mur Facebook du Musée des Ursulines, il fait le récit au jour le jour des dangers rencontrés il y a 375 ans. Pirates, pêcheurs, mauvaise température et un iceberg évité de près sont décrits dans les mots des religieuses.
«On peut certainement dire que leur voyage en a été un de tempêtes. Sur les trois mois en mer, ils en ont eu pour deux grosses semaines», souligne l'historien.
Prêtes à mourir
Les mères vivront aussi leur propre tempête. Mère Marie de Sainte-Croix compare ses nausées aux vagues comme une quantité incroyable d'eau qui lui sort de la bouche.
Dirigé par le capitaine Bon-Temps, le navire a été chanceux d'arriver à destination, note soeur Gabrielle. «Elles sont réellement parties sans savoir qu'elles arriveraient. Elles étaient soumises aux tempêtes, mais se sont tout de même émerveillées de la mer. On ne lit pas la peur dans leur récit, sauf peut-être lorsqu'elles ont croisé l'iceberg. Elles étaient prêtes à mourir.»
La première rencontre avec un amérindien est aussi énormément décrite. «Ça s'est passé à Tadoussac le 26 juillet. D'ailleurs, elles ont failli se noyer. L'énervement de toucher terre après trois mois en mer a failli leur coûter la vie», mentionne soeur Gabrielle.
«Le langage utilisé, la façon de communiquer et d'expliquer aux habitants du nouveau continent est formidable. Sainte Mère Marie de l'Incarnation était une grande pédagogue», ajoute-t-elle.
C'est sur les 8h du matin, le 1er août 1639, que les Ursulines et les Augustines arrivées de France ont commencé à établir les fondations de l'héritage catholique en Nouvelle-France.
Vous voulez y aller?
Quoi : Célébration eucharistique solennelle
Où : basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec
Quand : 1er août à 16h
Quoi : La Grande arrivée
Où : place Royale
Quand : 2 août à 15h