Benjamin Malaussène (Raphaël Personnaz) rencontre une flamboyante journaliste rousse (Bérénice Bejo) qui l'aidera à élucider ce qui se cache derrière d'étranges explosions au magasin où il travaille.

Au bonheur des ogres: fantaisie visuelle, sombre propos ***

En s'attaquant à un livre réputé inadaptable de Daniel Pennac, Nicolas Bary prenait un sérieux risque de se péter la gueule ou qu'on crie au génie. Il n'est arrivé ni l'un ni l'autre. Son Au bonheur des ogres, qui suit les tribulations de Benjamin Malaussène, est un véritable feu d'artifices surréalistes sur le plan visuel qui masque mal, toutefois, le manque de maîtrise dans l'adaptation du propos.
Le premier tome de la saga Malaussène nous fait découvrir l'aîné de la tribu (Raphaël Personnaz), un lunatique qui travaille comme bouc émissaire dans un grand magasin et prend soin de ses frères et soeurs abandonnés par sa mère en goguette. C'est rock'n'roll, mais ça va. Jusqu'au jour où d'étranges explosions secouent son lieu de travail.
Malaussène rencontre une flamboyante journaliste rousse (Bérénice Bejo) qui l'aidera à mener l'enquête, tout comme son collègue de travail reclus (Emir Kusturica). Ils découvriront que les attentats sont liés à des enlèvements d'enfants survenus 30 ans plus tôt dans le magasin...
Pour son deuxième film, Bary a placé ses personnages dans un décor fantaisiste et décalé dont la richesse visuelle évoque l'univers de Tim Burton et de Jeunet. S'il s'éclate sur le plan visuel, notamment dans les mouvements de caméra et les cadres un peu trop léchés, le jeune réalisateur a plus de difficulté à conduire son récit à bon port.
Pâles personnages
Le ton léger adopté pour traiter d'un sujet aussi sinistre que la pédophilie ne passe tout simplement pas la rampe. Bary veut nous conduire dans l'univers du conte, mais il se perd en chemin, insistant trop sur l'aspect comique au détriment des «ogres». Les acteurs y sont bons, mais les personnages sont pâles.
Précisons : la déconvenue n'est pas aussi grande que celle de Michel Gondry avec L'écume des jours (Boris Vian), autre roman casse-cou à porter au grand écran.
Au bonheur des ogres n'est pas un mauvais film, loin de là. Mais avec un tel sujet et une telle distribution, un résultat mitigé s'avère tout de même une déception.
Au générique
Cote : ***
Titre : Au bonheur des ogres
Genre : comédie
Réalisateur : Nicolas Bary
Acteurs : Raphaël Personnaz, Bérénice Béjo, Emir Kusturica
Salle : Clap
Classement : général
Durée : 1h36
On aime : l'univers déjanté
On n'aime pas : le style trop échelé, le ton badin d'un sujet sinistre