Alexandre Fecteau

Attentats de Paris: l'équipe du NoShow secouée

Toujours à Paris 24 heures après les attentats, le metteur en scène québécois Alexandre Fecteau était toujours «affecté» par les évènements de la veille. Mais au-delà de la peur et de l'angoisse, il dit surtout constater toute la résilience des Français.
Alexandre Fecteau et son équipe de la pièce Le NoShow, normalement présentée au Théâtre Paris-Villette jusqu'à la fin novembre, étaient en arrêt de travail forcé, samedi, et ne savaient toujours pas si les représentations allaient reprendre. Et si elles reprennent, l'équipe de production n'aura pas le choix d'adapter l'oeuvre. Les autorités ne permettront plus qu'une partie de la pièce se déroule à l'extérieur, sécurité oblige.
Joint par Skype samedi, M. Fecteau a fait savoir que cette pause était salutaire après le choc vécu dans la nuit de vendredi à samedi. «Personne n'a le goût d'être seul. Il y a un besoin de ventiler et de partager sur tout ça. J'ai l'impression qu'on est plus affectés que les locaux», a-t-il raconté, disant observer une forme de résilience acquise chez les Français.
«On sent que ce n'est pas leur première expérience de la peur de ce type-là. La peur n'est pas une option», a-t-il expliqué. Alors que les rues étaient désertes au lendemain des attaques, l'homme de théâtre disait toujours ressentir de la «terreur». «Je la sentais. Ça m'affecte beaucoup», a-t-il confié.
L'esprit combattif français dénoté par Fecteau se traduit bien dans un texte déniché sur les réseaux sociaux. Écrit par un résident du 10e arrondissement vivant à dix minutes du Petit Cambodge et du Carillon, où sont survenues des attaques, le message imprégné de colère laisse surtout la porte ouverte à l'espoir.
En voici un extrait:
«Nous, de notre côté, nous aurons le courage d'être unis contre vous. Français de toutes origines, de toutes confessions, unis contre vous. Vous nous verrez dehors, dans les bars, les restaurants, dans les concerts, heureux de vivre, de vivre ensemble, de s'aimer les uns les autres.
Vous nous verrez rire.
Vous nous verrez libres.»