Revenir à l'animation pour un film d'Astérix est une chouette idée.

Astérix: le domaine des dieux: s'assimiler ou disparaître

Le capital de sympathie qu'on ressentait pour Astérix s'est beaucoup amenuisé avec les désastreux films «grandeur nature» des dernières années. Revenir à l'animation était une chouette idée. D'autant que Le domaine des dieux se révèle très riche sur le plan thématique. Et les producteurs ne se sont pas trompés en confiant la réalisation à Louis Clichy et Alexandre Astier. Le duo fait des étincelles, par Toutatis!
Bon, tout le monde connaît la chanson, mais juste au cas. Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ et les irréductibles Gaulois résistent à l'envahisseur romain. César, exaspéré, décide de changer de tactique : il fera construire un luxueux domaine résidentiel à proximité du village d'Astérix, Obélix et compagnie. Les appartements du domaine des dieux, construits par le vociférant architecte Anglaisgus, deviennent rapidement un objet de convoitise - et de zizanie - pour les Gaulois.
Les plus petits vont prendre plaisir à la richesse de l'animation et rire de bon coeur aux situations loufoques habituelles : il y a plein de bagarres et de baffes, le barde veut toujours casser les oreilles de tout le monde et Obélix, toujours goûter la potion magique...
L'acteur, humoriste et réalisateur Alexandre Astier, créateur de la série Kaamelott, avait une riche matière à exploiter. Il s'en est donné à coeur joie, tant sur le plan des réparties que de la thématique. Avec ce soudain embourgeoisement, les Gaulois doivent faire face à l'appât du gain. Mais pour en profiter, ils doivent vivre à la romaine - et donc s'assimiler en faisant une croix sur leur mode de vie traditionnel. Bonjour, la mondialisation. Les inégalités sociales sont également abordées de plein front.
La construction de nouveaux édifices a aussi un impact environnemental important : il faut sacrifier les espaces verts pour densifier (toute ressemblance avec une situation actuelle est purement fortuite...). Ce qui provoque une pénurie de sangliers. Astier a bien exploité l'absurdité de la situation, misant sur l'ironie et le sarcasme dans les dialogues, mais en optant généralement pour un humour bon enfant.
Il est grandement aidé par le riche humour visuel. Clichy, qui a travaillé trois ans chez Pixar, principalement sur WALL-E, a le sens du gag. L'animation regorge de clins d'oeil, du plus petit au plus grand (l'hommage à King Kong). En fait, on se dit que la composante 3D s'avérait superflue.
On aurait toutefois aimé un grain de folie supplémentaire. La contrainte du divertissement familial pèse sur l'ensemble qui, par ailleurs, manque parfois de rythme. Les réalisateurs s'égarent dans des considérations superflues et étirent la sauce pour arriver au minutage nécessaire à un long métrage.
Le domaine des dieux s'avère néanmoins une belle réussite, notamment dans la distribution des voix françaises, très efficace et vivante. Sans renouveler le genre, les deux réalisateurs ont pris des libertés créatrices avec les principaux personnages, sans les dénaturer. Ce qui s'avère une agréable surprise. On les verrait bien signer un scénario original, libre des contraintes de la BD de Goscinny et d'Uderzo.
Au générique
Cote : ***
Titre : Astérix : le domaine des dieux
Genre : animation
Réalisateurs : Louis Clichy et Alexandre Astier
Salles :Alouette (3D), Beauport (2D et 3D), Clap (2D et 3D), Clap au musée de la civilisation, Des Chutes (3D), Lido (3D) et Sainte-Foy (2D et 3D)
Classement : général
Durée : 1h22
On aime : le renouvellement de la formule, l'humour visuel, les thèmes abordés
On n'aime pas : la 3D superflue