Christine Sioui Wawanoloath s'est amusée à mélanger ses racine sabénaquise-wendat avec l'art européen et oriental.
Christine Sioui Wawanoloath s'est amusée à mélanger ses racine sabénaquise-wendat avec l'art européen et oriental.

Asban le Pacifique: nouveaux contes de la Grande Tortue

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
Il y a un peu de magie au Musée huron-wendat. Dès l'entrée, les déités dessinées nous invitent et nous guident vers la salle ronde où est retracée l'histoire de la grande tribu. À l'étage inférieur, dans la galerie consacrée à l'art contemporain, Christine Sioui Wawanoloath s'est amusée à mélanger ses racines abénaquise-wendat avec l'art européen et oriental.
Les murs ont été peints en jaune vif. La bande sonore d'une vidéo, faite de dessins de l'artiste, ryth-me la visite. On plonge dans ce nouvel univers mythologique avec une âme d'enfant.
À la porte, une petite statue d'Asban le Pacifique nous accueille dans une robe bleu sombre, parsemée de morceaux de nacre qui ressemblent à des yeux. On dirait qu'il porte des lunettes fumées, ses bras sont ouverts et il fait le signe du peace and love. Nul doute, l'artiste a de l'humour.
Sur les murs, des acryliques sur toiles, sur carton, des collages. Elles ont un petit côté bricolage. Si dans l'exécution, tout n'est pas fignolé, on prend tout de même plaisir à ses formes simples de couleurs primaires, assemblées avec sensibilité et, la plupart du temps, minutie. Les collages avec encre de Chine, étrangement, ne détonnent pas parmi les grandes tortues, les lièvres, les chevreuils. C'est à coup sûr la combinaison des couleurs et des animaux anthropomorphiques qui donne l'impression de regarder des illustrations de livres d'enfant.
Plusieurs titres font sourire : Aataenstic fait un tour de dragon sur Benzozia, Penseur sur tortue dormante (où un lièvre rose adopte la position du Penseur de Rodin) ou Jeune Zeus tombant sur la tortue par accident... Ici, pas de grande vérité divine, les cultures fusionnent.
Un jeu d'échecs en trois dimensions est particulièrement intrigant. Chaque pièce a été faite d'andouiller de chevreuil, d'ivoire de dents de morse, de nacre, de verre et de résine. Une toile montée sur un cadre fait office d'échiquier. Les pièces éliminées sont placées sur une corde, comme un collier, à côté du jeu.
Un triptyque d'Andro&Gyne (lisez à voix haute) attire aussi l'attention. On voit d'abord l'être surnaturel dans Le courtisage, puis dans La danse nuptiale, et finalement dans La naissance d'Andro junior et de Gyne junior ou La séparation des sexes. De belles discussions avec vos tout-petits en perspective...
Près de l'escalier pour descendre à la galerie, une vitrine est consacrée à d'autres oeuvres de Mme Sioui Wawanoloath. De petits bijoux, littéralement. Des sirènes scintillantes, des emplumés, sor-te de personnages sertis de plumes colorées, entre figures totémiques et création enfantine. Il y a aussi l'histoire écrite comme une série de haïkus à quatre branches, d'un ours noir qui devient bleu, jaune, puis vert. Ludique, sensible, un petit baume sur l'âme.
L'exposition Asban le Pacifique est présentée au Musée huron-wendat (15, place de la Rencontre, Ekionkiestha Wendake) jusqu'au 9 janvier. Du mercredi au dimanche de 9h à 16h. Info : 418 847-2260