22h22 - Ariane Moffatt

Ariane Moffatt: pop de transition ****

D'artiste qui devient mère à mère qui redevient artiste.Voilà en somme le parcours suivi par Ariane Moffatt dans les dernières années et qu'elle documente sur 22h22, un cinquième album en magasin mardi.
Un disque à la fois plus rond et plus léger que le très viscéral MA (2012) et où le chiffre inscrit quatre fois sur la pochette se reflète souvent dans les chansons. Le «2» devient le couple, les jumeaux nés en 2013 et qui s'invitent dans les textes et en studio (Paul et Henri Marcil-Moffatt sont crédités pour les voix et le piano de Matelots & frères), l'amitié à préserver (dans l'ensoleillée Miami).
On songe aussi à ce «2» devant les dualités qui marquent cet album déployé en deux pôles. Des pièces aux références très intimes, souvent chargées d'amour, mais néanmoins terre à terre; d'autres qui décollent dans des territoires plus impressionnistes (le thème du rêve revient souvent).
De la même manière, les chansons jouent de contrastes dans les arrangements, misant ici sur le très épuré (de jolies parenthèses piano-voix insufflent une impression d'authenticité, voire de fragilité), là sur une orgie de synthés et des refrains irrésistiblement dansants.