S'il apprécie la notoriété que lui apporte sa médaille olympique, Antoine Valois-Fortier doit également composer avec une pression supplémentaire qui atteindra son paroxysme lors des Championnats du monde qui auront lieu à Rio de Janeiro à la fin du mois d'août.

Antoine Valois-Fortier: «Je deviens un homme»

«Tranquillement, pas vite, je deviens un homme.» Deux ans après son bronze des JO de Londres, Antoine Valois-Fortier affiche une nouvelle confiance sur le tatami, encouragé par une prise de maturité aussi physique que mentale.
Le gaillard de 24 ans ne s'en cache pas, une médaille olympique vient avec une sacrée dose d'assurance, surtout lorsqu'on se la passe autour du cou en début de carrière. «Ç'a été une grosse prise de conscience pour moi. Je me suis aperçu que je pouvais performer à ce niveau», a-t-il partagé en entrevue téléphonique la semaine dernière. «Un gros boost
Le 31 juillet 2012, l'athlète de Beauport avait fondu en larmes dans les bras de son entraîneur Nicolas Gill, après avoir défait l'Américain Travis Stevens, pour ainsi devenir le premier judoka canadien, depuis son coach et ami (l'argent en 2000), à monter sur un podium olympique.
Après des centaines d'heures d'entraînement supplémentaires sous la ceinture noire, Valois-Fortier souligne avoir également pris un peu de masse. Alors qu'il avait auparavant de la difficulté à atteindre 81 kg, sa catégorie de combats, son poids naturel oscille aujourd'hui aux alentours de 83,5 kg. Parfait pour perdre quelques plumes avant la pesée et les regagner sous son judogi pour le jour de compétition.
Il précise cependant : «Ce n'est pas du McDo là, j'ai suivi un programme bâti en fonction de cette prise de poids.» Ce n'est pas de la bedaine, a-t-il assuré. Le poids de l'expérience. Le poids d'une médaille. Le poids d'un entraînement dans un milieu qu'il qualifie d'optimal. 
C'est sans aucun doute aidé par cette maturité que le protégé de Nicolas Gill connaît jusqu'à présent sa meilleure saison en carrière. Le bronze au Grand Prix de La Havane et l'or à l'Open panaméricain de San Salvador - tout comme Catherine Roberge, d'ailleurs, également de Beauport -, en juin, ont été précédés du premier podium en grand chelem de sa carrière, alors qu'il a récolté une troisième place à Bakou, en Azerbaïdjan. 
«C'est une très, très bonne année qui devrait culminer aux Championnats du monde en Russie, à la fin de l'été.» En guise de préparation pour ce rendez-vous de Tcheliabinsk, du 25 au 31 août, l'équipe canadienne était au Grand Prix de Mongolie en fin de semaine dernière et participera au grand chelem de Russie, samedi et dimanche.
En entrevue avant la dernière compétition, il avait mentionné viser un podium pour au moins l'une de ces deux compétitions. Cinquième samedi, après une performance qu'il a jugée «décevante», le sympathique Valois-Fortier voudra se reprendre alors que le grand chelem de Russie sera la compétition, mis à par les Mondiaux, la plus relevée de la saison. 
Un repos mérité
Si ses résultats du printemps ont comblé ses attentes, ils lui permettront également de passer un été beaucoup moins mouvementé, alors qu'il a accumulé assez de points pour rentrer cinq semaines à la maison, après le grand chelem de Russie. Pendant ce temps, certains de ces coéquipiers devront repartir sur la route pour d'autres compétitions.
«Je rentre cinq semaines chez nous, ça va me permettre de me concentrer sur ma préparation pour les Championnats du monde», a-t-il souligné. La métropole est son chez-soi depuis maintenant six ans, mais il prendra quelques jours, la semaine prochaine, pour venir revoir son monde à Québec. 
Malgré son statut de nouveau jeune vétéran et sa stature de médaillé olympique, Antoine Valois-Fortier ne ressent pas encore la pression de devoir servir de mentor au sein de son jeune groupe d'entraînement.
«J'essaie, mais j'ai plus ou moins l'impression de jouer ce rôle-là. C'est encore Nicolas Gill qui a le rôle de mentor principal. C'est lui qui a encore beaucoup d'influence sur les jeunes. Plus que moi à mon avis», a lancé le judoka qui a  certes pris du coffre, mais dont la tête est restée du même volume.