Folk-rock, Les ombres longues, d'Antoine Corriveau

Antoine Corriveau: costaud ***1/2

Ce deuxième album, Antoine Corriveau l'a dédié «aux étudiants qui m'ont réveillé au printemps 2012».
À l'écoute de ces Ombres longues, on comprend l'influence. Pas que l'auteur-compositeur-interprète y adopte un ton militant, loin de là. On est plutôt ici dans un univers personnel assez sombre, teinté d'une sorte d'urgence de fin du monde, d'une soif de renouveau, d'un hiver - saisonnier et métaphorique - qui n'en finit plus de finir. Née dans ce qu'on imagine être un grand dérangement, la poésie de Corriveau est costaude, forte en images, capable autant de beau que de cru. Il la livre d'une voix un brin rauque, souvent languissante, à vif. Bien servies par un paysage folk-rock (où la guitare électrique répond habilement à l'acoustique et aux accents d'harmonica ou de lap-steel), les chansons d'Antoine Corriveau montrent de très belles qualités mélodiques, qui ne s'affirment toutefois pas avec le même aplomb tout au long de l'album. Loin du flamboyant, mais près du coeur, elles se laissent apprivoiser au fil des écoutes.