Karine Vanasse et Sébastien Huberdeau forment un couple crédible et se montrent à la hauteur dans les scènes de panique, fort bien soutenues par un montage nerveux.

Angle mort: voyage à rabais

D'habitude, on va dans le Sud pour se reposer, refaire le plein d'énergie, jouir des rayons du soleil. Éric (Sébastien Huberdeau) et Stéphanie (Karine Vanasse) y vont pour toutes ces raisons, mais aussi pour partir à l'aventure en randonnée et renouer les liens de leur couple, mis à mal par une histoire d'adultère. Leurs vacances tournent au cauchemar lorsqu'ils sont pris en chasse par un tueur en série.
D'habitude, on va dans le Sud pour se reposer, refaire le plein d'énergie, jouir des rayons du soleil. Éric (Sébastien Huberdeau) et Stéphanie (Karine Vanasse) y vont pour toutes ces raisons, mais aussi pour partir à l'aventure en randonnée et renouer les liens de leur couple, mis à mal par une histoire d'adultère. Leurs vacances tournent au cauchemar lorsqu'ils sont pris en chasse par un tueur en série.
Le cinéma québécois nous a rarement donné à voir des thrillers, genre plutôt en vogue de l'autre côté de la frontière. Mais ce qui fait aussi le caractère unique d'Angle mort, du jeune réalisateur Dominic James, c'est qu'il a été tourné à Cuba, loin des villages vacances, profondément dans les terres, dans des lieux isolés et parfois glauques.
La mise en situation est relativement longue, le cinéaste a voulu prendre le temps d'installer ses personnages, de faire vivre le couple avant de le plonger dans l'enfer. Un choix judicieux puisque cela donne le temps au spectateur de s'attacher au couple, ou même de se reconnaître en lui. C'est ce qui permet ensuite d'avoir peur avec lui...
Tueur en série
Parallèlement, on commence à bâtir l'histoire du tueur en série, ce qui est moins habile. Stéphanie lit des dépêches de journaux faisant état des meurtres commis par un tueur dans la région où aura lieu le voyage. Si on arrive à oublier que les faits divers d'un pays du Sud ne feraient pas les manchettes des journaux d'ici, passe toujours. Toutefois, comme on livre dès le départ la motivation du tueur, il ne reste plus grand mystère pendant le reste du film...
Tout reposera sur la poursuite et ses détails. Heureusement, elle est haletante. Les grands espaces deviennent une menace parce qu'ils sont vides et qu'on ne peut trouver secours nulle part. Et la langue devient un sérieux handicap quand vient le temps de faire entendre raison à un policier justicier.
Vanasse et Huberdeau forment un couple crédible et se montrent à la hauteur dans les scènes de panique, fort bien soutenues par un montage nerveux. On saluera aussi le travail du directeur photo qui nous fait entrer dans une atmos-phère inquiétante en faisant un clin d'oeil aux vieux westerns.
Il reste que - même si c'est le cas de beaucoup de films de ce genre - le scénario d'Angle mort est plutôt mince. D'autre part, toutes sortes de petits détails viennent enlever de la crédibilité à l'histoire, qu'on pense aux journaux cités plus haut, au Valium que Stéphanie avale alors qu'elle est enceinte, aux bruits de meurtre auxquels Éric reste presque sourd ou encore à la finale risible. Tout cela fait d'Angle mort un film divertissant, certes, mais bien moyen.
Au générique
Cote : **1/2
Titre : Angle mort
Genre : suspense
Réalisateur : Dominic James
Acteurs : Karine Vanasse, Sébastien Huberdeau, Peter Miller
Salles : Beauport, Le Clap, Lido, Sainte-Foy
Classement : 13 ans
Durée : 1h19
On aime : les acteurs, le climat, la photographie, le montage nerveux
On n'aime pas : la finale tirée par les cheveux, des détails qui minent la crédibilité de certaines scènes