Avant d'entrer dans la salle, une affiche avise les spectateurs, comme avant certains films, que la pièce peut présenter des scènes de sexe, de consommation de drogue et un langage qui pourrait ne pas convenir à certains spectateurs.

American Idiot : l'événement musical: l'opéra punk séduit la capitale

La salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec était presque pleine jeudi soir pour la grande première québécoise d'American Idiot : l'événement musical et l'opéra punk de Green Day a grandement séduit le public, majoritairement composé de moins de 40 ans, qui prenait place dans les gradins.
Près de cinq ans après sa création à Berkeley, il était temps que la comédie musicale basée sur les albums American Idiot et 21st Century Breakdown s'arrête dans la Belle Province après s'être promenée partout aux États-Unis et même en Europe et en Asie.
Bien sûr, il faut un peu de temps pour s'habituer à entendre d'autres voix, parfois même des voix féminines, remplacer celle de Billie Joe Armstrong sur les classiques de Green Day.
La transition se fait tout de même en douceur, aidée par un groupe de musiciens bien rodés sous la direction de l'expressif claviériste Evan Jay Newman, qui arbore même un look à la Billie Joe pour l'occasion.
La pièce raconte l'histoire de trois copains qui en ont assez de leurs vies de banlieusards dans les États-Unis de l'après-11 septembre 2001. Will (Casey O'Farrell) décidera de rester aux côtés de sa copine enceinte, Tunny (Dan Tracy) s'enrôlera dans l'armée et Johnny (Jared Nepute), le personnage principal, partira pour la ville où il rencontrera la fille de ses rêves et tombera aussi dans l'enfer de la drogue.
D'une durée d'une heure 40 minutes sans entracte, le spectacle exploite très bien le haut décor agrémenté de 27 écrans de télé, de fenêtres et de structures de toutes sortes et le talent des sept comédiens principaux et de la dizaine de danseurs, de toutes les couleurs et de tous les types de physique, pour faire vivre aux spectateurs le triste destin des trois protagonistes.
Avertissement
D'ailleurs, avant d'entrer dans la salle, une affiche avise les spectateurs, comme avant certains films, que la pièce peut présenter des scènes de sexe, de consommation de drogue et un langage qui pourrait ne pas convenir à certains spectateurs.
Probablement que certains parents qui étaient sur place jeudi avec leurs préadolescents ont dû avoir une conversation avec eux après le spectacle. Car American Idiot ne s'autocensure pas : on peut voir Johnny s'ébattre sous les couvertures avec sa nouvelle flamme et se défoncer à l'héroïne avec son nouveau pote, le sulfureux St. Jimmy, fort bien campé par Daniel C. Jackson.
Pour la partie du public qui ne serait pas à l'aise dans la langue de Shakespeare, la production a même prévu des sous-titres, ou plutôt des surtitres puisque c'est au-dessus de la scène qu'ils défilent, afin de lui permettre de bien suivre l'histoire.
L'initiative est intéressante, surtout qu'on a traduit en argot québécois les dialogues rendus en argot américain. On lira donc «sacre-moi patience», «salope», «criss» ou «tabarnak» pendant que les comédiens utilisent des gros mots à l'américaine. Cependant, il est malheureusement impossible de lire ces surtitres et de regarder en même temps ce qui se passe sur scène.
Ceux qui iront à la deuxième représentation à 20h ce soir feront probablement comme moi et décideront de cesser de les lire après un bout de temps pour se concentrer sur l'action qui se déroule sur les planches. Et comme le public de jeudi soir, qui s'est levé deux fois pour ovationner la troupe, ils passeront sûrement du bon temps avec les pièces du diptyque de Green Day.