Alors, Claude, on y va?

Avec 40 % des intentions de vote, Pauline Marois n'a aucun intérêt à reporter le prochain rendez-vous électoral. Comme le PQ sonde également les Québécois depuis plusieurs semaines, la première ministre sait que la tendance actuelle est lourde et qu'elle lui ouvre tout grand la perspective d'un gouvernement majoritaire.
Quand serons-nous appelés aux urnes? Les observateurs dont je suis peuvent spéculer tant qu'ils le veulent, c'est la première ministre seule qui prendra la décision finale, après en avoir discuté avec ses conseillers proches, et très certainement avec son conjoint Claude Blanchet. «Alors Claude, qu'est-ce que tu en penses?» Dans tous les couples qui vont bien, les conjoints sont toujours consultés. La politique n'échappe pas à cette règle.
Mme Marois voudra-t-elle déclencher la semaine prochaine? C'est douteux, mais elle pourrait prendre prétexte des premières critiques de l'opposition sur son budget pour demander un mandat fort afin de gouverner «les deux mains sur le volant», comme Jean Charest! Cela signifierait des élections le 31 mars, et une campagne électorale sous la neige, la pluie et la possibilité de tempêtes hivernales. Si la météo a une influence dans sa décision, la première ministre pourrait déclencher à la mi-mars, pour des élections le 14 avril, juste avant Pâques. Ce qui impliquerait qu'elle attende au lendemain de la reprise des travaux parlementaires, le 11 mars, le temps de faire d'autres annonces et de voir les réactions des Québécois au budget. Si vous avez l'habitude de prendre des paris, vous pouvez également miser sur un déclenchement le 5 mars, pour des élections le 7 avril. Mais il serait imprudent de miser sur des élections après la fin de semaine de Pâques.
À 40 % dans les intentions de vote, l'armée se mutinera si la chef ne sonne pas la charge.