Allégations de profilage racial: la mère et ses fils font appel

Déboutés le mois dernier de leur poursuite de 250 000 $ contre la Ville de Québec et deux de ses policiers, une mère d'origine haïtienne et ses deux fils soutenant avoir été victimes de profilage racial interjettent appel du jugement.
En 2006, deux agents du Service de police de Québec, Alain Pelletier et Jean-François Caron, avaient intercepté la voiture dans laquelle se trouvaient Marie-Anne Pierre-Louis et ses deux fils. Un peu plus tard, le Comité de déontologie policière concluait que l'intervention n'avait été motivée que par la couleur de la peau des appelants. Les policiers avaient été suspendus cinq jours.
Dans leur inscription en Cour d'appel, Mme Pierre-Louis et ses fils allèguent que le juge de la Cour supérieure a commis plusieurs erreurs de droit et d'appréciation de la preuve. Ils soutiennent entre autres que le juge a erré en concluant que leur interpellation a été faite au hasard, en vertu du Code de la sécurité routière.
Les appelants reprochent également au juge d'avoir conclu que Mme Pierre-Louis n'avait subi aucun dommage des suites de l'intervention policière, le magistrat estimant que l'expertise de la psychiatre de la dame se limitait à expliquer sa réaction émotive durant l'incident. Aucun dommage n'avait été reconnu aux garçons de l'appelante non plus.
Selon leurs témoignages, les deux jeunes hommes ont ensuite perdu la plupart de leurs amis car ceux-ci ne pouvaient croire qu'ils n'avaient rien à se reprocher. De plus, ils avaient déclaré qu'au terme de leurs études, ils n'entendaient pas demeurer dans «un pays qui ne les traite pas comme des citoyens de premier ordre».
Il appert que l'un des appelants a abandonné son rêve de devenir officier dans les Forces armées canadiennes, dont il a refusé l'offre. Le juge de la Cour supérieure a plutôt estimé qu'il s'agissait là d'un choix personnel.
La mère et les deux fils demandent à la Cour d'appel d'infirmer le jugement de première instance et de condamner la Ville et ses deux policiers à leur verser 250 000 $, dont 150 000 $ à titre de dommages punitifs.