Le candidat péquiste dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes, a eu de bons mots, lundi matin, pour Pierre Karl Péladeau.

Alexis Deschênes derrière Pierre Karl Péladeau

L'ex-journaliste de TVA et candidat péquiste dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes, se réjouit du saut en politique de son ancien patron, Pierre Karl Péladeau, mettant de l'avant son désir d'indépendance et minimisant son influence sur la presse.
Quand il a quitté son poste de courriériste parlementaire, en 2010, Alexis Deschênes s'inquiétait pour la liberté de presse, menacée selon lui par les conditions de pratique du journalisme. Multiplication des sujets à couvrir et des reportages en direct, obligation d'intervenir sur plusieurs plateformes (télé, écrit, Web, etc.), montée des médias sociaux... «Ça impose un rythme infernal qui laisse peu de temps à la réflexion», dénonce-t-il encore aujourd'hui.
Québecor a été le premier groupe médiatique québécois à imposer le «multiplateforme» à ses journalistes, mais Alexis Deschênes n'en tient pas rigueur à Pierre Karl Péladeau. «Les conditions de travail des journalistes au Québec sont plus exigeantes qu'elles ne l'ont été pour tous les journalistes. [...] C'est assez tous azimuts la transformation qui s'est produite», a-t-il soutenu lundi, en entrevue au Soleil.
L'ex-reporter, maintenant avocat, affirme qu'il aurait été tout à fait à l'aise d'interroger un ancien patron devenu politicien. «Je n'avais pas peur de poser des questions difficiles à toute personne», a-t-il rappelé, donnant pour preuve la motion unanime adoptée par l'Assemblée nationale pour saluer son départ de la Tribune de la presse. «Si tous les partis se sont entendus pour dire que j'ai fait mon travail, c'est parce que j'ai été également dur avec chacun d'entre eux», retient-il.
M. Deschênes a par ailleurs confirmé les propos du grand patron de Québecor, qui disait dimanche ne pas s'immiscer dans le travail quotidien des journalistes. «Je vous assure que je n'ai jamais eu d'appel de M. Péladeau avant ou après un reportage», a insisté l'ancien journaliste de TVA.
La «famille» souverainiste s'agrandit
Le candidat de Trois-Rivières, qui habite à Québec, s'est autrement félicité de voir la «famille» souverainiste s'agrandir. «Un homme d'affaires prospère, riche, qui décide de mettre ça de côté pour s'engager en politique, c'est une bonne nouvelle pour le Parti québécois et c'est une bonne nouvelle pour le projet de pays», résume M. Deschênes.
La recrue n'a toutefois pas voulu s'avancer sur les gestes à poser pour éviter tout conflit d'intérêts advenant l'élection du baron de la presse, lui qui veut conserver ses actions dans Québecor tout en les plaçant en fiducie. «Je laisserais plus Mme [Pauline] Marois et le parti répondre.»