Alex Harvey jette un coup d'oeil à ses poursuivants, Josef Wenzl et Baptiste Gros, lors du sprint de Szklarska Poreba disputé samedi en Pologne. L'Allemand et le Français ont finalement rejoint le Québécois... sur le podium.

Alex Harvey vainqueur du sprint individuel à Szklarska Poreba

Deux semaines et demie qu'Alex Harvey n'avait pas pris un départ en course. Le fondeur de Saint-Ferréol a réalisé un retour triomphal sur le circuit de la Coupe du monde, samedi, en remportant le sprint de Szklarska Poreba, en Pologne.
L'athlète de 25 ans rafle sa première véritable victoire d'une étape de la Coupe du monde de ski de fond en carrière. Il avait gagné le prologue du Tour de ski, en décembre, et une tranche des Finales de la Coupe du monde, en 2012. Sans oublier sa médaille d'or au sprint par équipe des Championnats du monde de 2011, avec Devon Kershaw. Mais jamais Harvey n'avait remporté les grands honneurs d'une étape en soi.
«Oui, c'est différent. Ne serait-ce que pour les points : une victoire au Tour donne 50 points, aux Finales, 50 aussi et là, c'est 100 points», s'est réjoui Harvey, quand Le Soleil l'a joint en Pologne. En fond sonore, téléphone et Skype font entendre leur sonnerie à répétition.
Un 15 km classique avec départ de masse l'attend aujourd'hui, au même endroit. «J'ai hâte de voir comment mon corps va réagir. Ç'a été une longue journée, émotive, alors je ne sais pas trop comment ça va aller demain», a-t-il avancé.
Chose sûre, son corps a réagi à merveille à sa récente phase de repos. «C'était un peu de l'inconnu, je ne savais pas où je serais rendu au plan de la récupération. Je me sentais bien à l'entraînement, mais je ne savais pas comment ç'allait sortir. La seule façon de le savoir est de faire une vraie course!»
Chanceux en qualifications
Septième en qualifications, il se savait en bonne forme, mais jamais à l'abri des malchances. En plus, ses skis glissaient du tonnerre. Deux chutes juste devant lui en demi-finale ont toutefois failli mettre fin à sa journée de travail, mais son temps rapide lui a valu une place en finale à titre de l'un des deux meilleurs perdants. Chanceux dans sa malchance.
«Mon expérience de demi-finale m'a servi pour la finale et je me suis placé à l'avant tôt pour éviter les problèmes. Les autres gars étaient des sprinteurs purs et je savais qu'après avoir fait le trajet quatre fois dans la journée, j'avais plus d'endurance qu'eux, alors je n'avais pas peur de mener», a expliqué l'auteur d'un temps de 2 min 50,13 s dans l'ultime course à six sur le parcours de 1,5 km. Harvey a devancé son plus proche poursuivant, l'Allemand Josef Wenzel, par une demi-seconde.
L'absence des pays scandinaves, surtout la puissante Norvège, est à souligner. «Les Suédois et les Finlandais ne sont plus aussi dominants que par les années passées. C'est sûr que sans les Norvégiens, c'est différent, mais ceux qui ont les meilleurs résultats en sprint depuis le début de la saison, c'est les Russes. Ils sont l'équipe à battre. Et ils sont ici. Les Norvégiens ne sont pas là, tant pis pour eux.»
Cette victoire rehausse d'un cran sa confiance en vue des JO, lancés dans trois semaines. «Ça confirme des choses, c'est parfait», résume le Québécois. Le sprint olympique a lieu le 11 février. Le parcours de Sotchi est plus long que celui de Szklarska Poreba, donc à l'avantage d'un skieur plus endurant comme Harvey.
Après la Pologne, l'équipe canadienne part en camp d'entraînement en altitude, à l'Alpe de Siusi (Seiser Alm), dans les Dolomites italiennes, question d'«aller chercher les derniers globules rouges possibles avant les Jeux». Une dernière étape de Coupe du monde se tiendra à Toblach, en Italie, une semaine avant les Jeux.