Alex Harvey célèbre sa victoire à Falun, en Suède.

Alex Harvey remporte le 30 km des finales de la Coupe du monde

À l'image du cheval de bois rouge reçu en lieu et place d'une médaille d'or, Alex Harvey a galopé jusqu'à la victoire, samedi, à Falun, en Suède. Le pur-sang de Saint-Ferréol a remporté au sprint le skiathlon de 30 km des finales de la Coupe du monde de ski de fond. S'il finit premier ou deuxième dimanche, il grimpe sur le podium du cumulatif de la saison.
Le cheval Dala est une oeuvre artisanale typique du Dalarna ou, en français, la Dalécarlie. Jouet traditionnel devenu symbole par excellence de cette région centrale de la Suède, le cheval y était considéré comme un animal sacré à l'époque des Vikings. Mais Harvey n'était pas le seul destrier alliant force et rapidité sur le tracé de 3,75 km à parcourir quatre fois en style classique, pour 15 km, et quatre autres fois en style libre. Le Norvégien Martin Johnsrud Sundby, le Russe Alexander Legkov et le Suédois Daniel Richardsson se sont vite échappés en compagnie du Québécois, dès le premier des huit tours.
«En me levant, je me sentais un peu raqué du sprint de la veille [où il a fini quatrième]. Mais dès l'échauffement, ç'allait de mieux en mieux», a expliqué Harvey, à la fin de sa journée. Journée qui s'étendait au-delà de la course, car, quand Le Soleil l'a joint au téléphone, il sortait d'une réunion d'équipe pour établir le plan de match en vue de l'ultime épreuve de dimanche.
«Le rythme était élevé dès le départ», affirme-t-il. Cadence infernale qui a laissé Richardsson derrière à mi-parcours. «J'étais surpris d'être juste nous trois. Sundby et Legkov sont quand même premier et deuxième au classement général. J'avais vraiment des bons skis de patin [deuxième moitié] et dans les 200 derniers mètres, je savais qu'ils ne seraient pas des supersprinteurs. J'étais capable de relaxer.»
Dans le dernier virage, Harvey a cassé le bâton de Legkov quand ce dernier a tenté de lui couper le chemin. Ne restait donc que Sundby, qu'il a coiffé par quatre dixièmes de seconde, grâce à un chrono de 1 h 18 min 7,6 s.
Avec une troisième victoire et un cinquième podium cet hiver, Harvey prouve toute sa polyvalence. Il a triomphé sur 1,4, 4,5 et 30 km, dans les derniers mois.
Points doublés
Le mustang de 25 ans connaît sa meilleure saison de Coupe du monde, campagne toutefois assombrie par une déconfiture olympique. N'empêche que ce matin, il part avec 26 secondes d'avance sur Sundby et 26,1 sur Legkov, pour une poursuite en style libre de 15 km.
Et comme les points comptent en double, le premier rang au cumulatif des finales et la troisième position au total de la saison sont à sa portée. Surtout que le Norvégien Chris Andre Jespersen, sur qui Harvey accuse 133 points de retard au classement général, s'est retiré des finales, samedi. Une victoire lui vaudrait 200 points, une deuxième place 160.
«Soit que je vais skier devant avec Sundby et Legkov et ils auront travaillé 26 secondes de plus que moi, ce qui me rend confiant pour le sprint, soit je vais skier seul», résume celui qui deviendrait le premier Québécois de l'histoire à monter sur le podium au cumulatif de la saison de Coupe du monde.
En 1988, Pierre Harvey avait fini sixième, sommet égalé par fiston en 2012. La même année, l'Ontarien Devon Kershaw avait pris le titre de vice-champion du circuit mondial, terminant deuxième.
Encore en 2012, Harvey avait obtenu sa première victoire de Coupe du monde en carrière à Falun, lors des finales. Premier petit cheval de bois peint rouge d'un troupeau en devenir.