Alex Harvey voit sa meilleure chance de médaille en sprint par équipe, sinon en courses individuelles.

Alex Harvey: le podium en trame de fond

Retour en arrière : à la veille des Jeux de Vancouver, en 2010, Alex Harvey disait que ses chances de ne pas remporter de médaille étaient plus élevées que d'en gagner une. L'histoire lui avait donné raison, bien qu'une quatrième place avait bien failli le faire mentir. Quatre ans plus tard, le discours a changé. L'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges a mis le cap sur Sotchi avec le podium en trame de fond.
<p>«Depuis Vancouver, il y a eu deux Championnats du monde [2011 et 2013], et à chaque fois, j'étais sur le podium. La suite logique est donc une médaille olympique» - Alex Harvey</p>
Depuis le rendez-vous canadien des seigneurs des anneaux, il pointe maintenant à 25 au compteur du temps. Mais plus important encore, son nom figure parmi les favoris chaque fois qu'il s'installe dans le portillon de départ d'une course de ski de fond, que ce soit sur le circuit de la Coupe du monde ou dans les grandes réunions internationales comme celle qui se tient sur le massif Psekhako, en Russie.
«Depuis Vancouver, il y a eu deux Championnats du monde [2011 et 2013], et à chaque fois, j'étais sur le podium. La suite logique est donc une médaille olympique», répond la tête de proue d'une équipe canadienne masculine de ski de fond plus motivée que jamais à l'idée de grimper sur la tribune d'honneur pour la première fois de son histoire aux Jeux olympiques.
Harvey, dont les Jeux commencent demain avec le skiathlon,  sera la locomotive du groupe qui s'est pointé dans la ville olympique en milieu de semaine. Il est celui pour qui tous les espoirs sont permis. Les attentes de ses partisans sont grandes, mais pas autant que les siennes.
«Depuis notre victoire [en compagnie de Devon Kershaw] aux Mondiaux 2011, j'ai réalisé que je pouvais être parmi les meilleurs à chaque course. À Vancouver, on n'a pas eu de médaille, mais je suis ressorti de ces Jeux avec le sentiment d'avoir accompli les meilleurs résultats pour moi. Si je peux refaire cela à Sotchi, je sais que ça veut maintenant dire une médaille. Ma meilleure chance reste le sprint par équipe, sinon, ce serait les courses individuelles», estimait celui qui voit le quatuor canadien comme étant un négligé du relais pour l'instant. À l'exception du 15 km classique, sa présence dans les cinq autres épreuves est confirmée.
Dans les Rocheuses, Alex avait pris le quatrième rang au sprint par équipe, le septième au relais 4 x 10 km et le neuvième au skiathlon de 30 km. Depuis, il a gagné l'or au Mondiaux de 2011 au sprint par équipe, le bronze au sprint individuel à ceux de 2013 et revendique une douzaine de présences sur le podium en tout et partout. Il a récemment grimpé sur la plus haute marche au sprint individuel de la Coupe du monde de Szklarska Poreba, en Pologne.
Humble et confiant
Malgré tout, le succès ne lui monte pas à la tête. L'homme reste le même : humble et confiant; mais aussi généreux et inspirant.
«Ce n'est pas moi qu'il faut féliciter pour ça, mais bien plus mon entourage. Mes amis me permettent de garder les deux pieds sur terre», dit l'étudiant en droit, qui aura le luxe de miser sur la présence de ses parents à Sotchi puisque sa mère, Mireille Belzile, est médecin de l'équipe nationale de ski de fond, tandis que son père, Pierre Harvey, agira en qualité d'analyste pour les courses de cette discipline à la télévision.
Installé en Europe depuis le mois de novembre, il a eu droit à quelques jours de repos en Suisse après le Tour de ski, où il aurait fort probablement grimpé sur le podium au terme de la course par étape s'il avait pris part à la dernière. Il s'est offert quelques descentes de ski alpin avec son amoureuse - «Et du temps pour relaxer en admirant le paysage!» - avant de reprendre l'entraînement, où un camp en altitude était à l'agenda, ces deux dernières semaines, en Italie. Une dernière étape de la Coupe du monde était à l'horaire, le week-end dernier, à Toblach/Dobbiaco.
Lorsqu'il ferme les yeux, il revoit les rues de Vancouver bondées de fans en délire après la victoire d'Équipe Canada en hockey masculin. À Sotchi, il n'aura pas le temps de se balader pour découvrir les beautés d'une station balnéaire transformée en ville hôtesse des Jeux d'hiver. Au fil du temps, il a cependant appris à composer avec les montagnes russes des résultats, où une erreur de parcours est vite oubliée.
«Je me suis habitué à cela pendant mes années au niveau junior. Maintenant, j'essaie juste de voir le positif, même quand je suis 50e», rappelle celui qui a justement grimpé sur la troisième marche du podium de la cinquième étape du Tour de ski après avoir fini... 40e à la précédente. Il perçoit encore les Norvégiens comme étant les favoris et s'attend à ce que les Russes soient très forts. Ils n'oublient pas les Suédois, champions en titre au relais 4 x 10 km et au 30 km, et identifie le Suisse (Dario) Cologna et le Kazakh (Alexei) Poltoranin comme prétendants.
Membre du groupe d'entraînement B2dix en compagnie de quelques athlètes d'excellence, il se souvient encore d'une conversation avec Mikaël Kingsbury, le roi des bosses en ski acrobatique. «Il me disait que s'il skie juste normalement, il va gagner. Il est dans une classe à part, présentement», racontait-il à propos de Kingsbury.
D'autres pourraient en dire autant d'Alex Harvey!
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Dix questions à Alex Harvey
1. Dernière pensée avant le départ d'une course? 
La job est faite!
2. Musique de motivation? 
Le hip-hop
3. Endroit préféré dansle monde pour skier? 
Seiser Alm (Alpe de Siusi) dans les Dolomites italiennes
4. Si j'étais aux Jeux dans un autre sport? 
Ski alpin
5. Spécialité en cuisine? 
Des crêpes et des omelettes
6. Vie à l'américaine ou à l'européenne? 
Européenne
7. L'athlète qui m'impressionnele plus? 
Kelly Slater, un surfeur américain 11 fois champion du monde
8. Avocat de la défense ou de la Couronne? 
Je vais faire du droit commercial, donc j'espère ne pas avoir à aller en cour!
9. Ma gourmandise préférée? 
Le chocolat
10. Quand je serai grand, je serai? 
Avocat et papa