Calle Halfvarsson (photo) a profité d'un dépassement risqué aux dépens d'Alex Harvey en demi-finale pour filer vers la victoire de l'épreuve. Le clan du Québécois a protesté en vain, le Suédois écopant d'un simple carton jaune au lieu d'une relégation.

Alex Harvey 10e à Lillehammer

Dixième place pour Alex Harvey, vendredi, dans un sprint de la Coupe du monde de ski de fond à Lillehammer, en Norvège. Surtout objectif atteint de skier en demi-finales pour se faire un bon fond de secondes de bonification au départ de ce mini-tour de trois jours.
«Il y a une bonne cassure entre les 12 qui ont fait les demi-finales et le 13e au classement. Le but pour moi et la plupart des skieurs de distance était de passer le cap des quarts de finale pour aller chercher des bonus», a expliqué Harvey, joint à la suite de sa sieste d'après-course.
Car la récupération s'avérera cruciale au fil des trois épreuves en trois jours avec classement cumulatif. Surtout que quelques prétendants aux grands honneurs de dimanche sont «passés à côté du premier jour», comme les puissants Norvégiens Martin Johnsrud Sundby (21e position, 3 secondes de bonification) et Finn Haagen Krogh (18e, 2 s).
«Dans les favoris pour les trois journées, je suis quand même bien placé, mais ça va prendre un autre top 10 samedi pour essayer de partir dans les cinq premiers dimanche. Dans les quatre fins de semaine de Coupe du monde qu'on a avant Noël, c'est la plus importante», affirme Harvey qui, avec sa qualification au 23e rang vendredi, pointe 12e avec 13 s de bonification.
Protêt perdu
Harvey a gagné son quart de finale, avant d'être éliminé par un dépassement risqué du Suédois Calle Halfvarsson. Qui n'a écopé que d'un carton jaune pour sa manoeuvre de demi-finale et a filé vers la victoire de l'épreuve pour le maximum de bonification, soit 30 secondes, lui qui s'était qualifié premier plus tôt.
Harvey et l'équipe canadienne ont déposé un protêt en espérant la relégation de Halfvarsson, comme Krogh dans la ronde précédente, mais en vain. «C'est clair qu'il était plus fort aujourd'hui, mais en sprint, il faut être bien positionné et il n'était pas bien positionné. Les règles sont claires, mais les officiels ont parfois des solutions différentes au même problème», constate Harvey, ajoutant qu'une ronde de moins vendredi pourrait toutefois lui fournir plus d'énergie samedi.
Car le 10 km libre s'annonce souffrant sur une boucle de 3,3 km sans plat à parcourir trois fois. Une course de 22 ou 23 minutes où «on ne peut pas perdre de temps», insiste le fondeur québécois. «Il faut partir vite et garder le rythme.»
Ce que la fierté de Saint-Ferréol-les-Neiges fait sur le circuit de la Coupe du monde depuis déjà neuf ans, même s'il n'a que 28 ans. Harvey deviendra dimanche le sixième coureur seulement à prendre un 100e départ de tour en Coupe du monde. L'Ontarien Devon Kershaw, 42e vendredi, est le plus expérimenté en tour avec 115 participations sur 121 étapes. Au total des départs en Coupe du monde, Harvey est à 192 et Kershaw 255.
«C'est l'avantage de courir pour un pays avec moins de profondeur et une plus petite équipe. On ne se bat pas pour les départs, on a toujours l'option de prendre la course», fait valoir Harvey, rappelant que son premier tour d'épreuves cumulées remonte aux finales de la Coupe du monde de 2009.