Alden Penner: le retour de l'enfant prodigue

En spectacle au Pantoum le 28 février, l'ex-guitariste et bassiste des Unicorns Alden Penner avoue que ses rares retours à Québec revêtent toujours un caractère particulier, étant donné qu'il a passé les premières années de sa vie à Val-Bélair.
«Je suis né à Loretteville et j'ai grandi à Val-Bélair. J'avais huit ans quand j'ai déménagé en Colombie-Britannique», explique le musicien. C'est dans la province du Pacifique qu'il a rencontré Nick Thorburn, avec qui il a fondé The Unicorns. Le duo s'est ensuite installé à Montréal en 2003 et est devenu un trio avec l'ajout du batteur Jamie Thompson.
«C'est toujours spécial de revenir à Québec. Je me souviens encore de l'époque où ma mère m'amenait aux spectacles de jazz gratuits durant l'été. C'est un bon souvenir que je garde. J'adore cette ville et j'aurais dû y revenir plus souvent», confie Penner, dont le dernier spectacle dans la capitale remonte à 2010, au Festival OFF avec le groupe The Hidden Words, dont Thompson faisait également partie.
«Quand j'ai décidé de déménager à Montréal en 2003, c'est beaucoup parce que le Québec me manquait, la chaleur des gens d'ici et aussi le côté artistique qui est toujours présent», indique-t-il.
En français
Même s'il a passé une bonne partie de sa vie au Canada anglais, Penner n'a d'ailleurs pas perdu sa maîtrise de la langue de Molière. Il le démontre sur la pièce Louis XIV, tirée de son dernier album solo, Exegis, dont le pont est en français.
«Il y a une blague qui dit que l'anglais, c'est seulement du français mal prononcé!», lance Penner en riant. «Moi, la langue française m'a toujours inspiré et j'ai souvent glissé des mots français dans mes chansons. Celle-là, je l'avais développée avec Clues [l'un de ses anciens projets avec l'ex-Arcade Fire Brendan Reed], mais il n'y avait pas ce pont au départ», raconte-t-il.
Penner a cependant décidé de revisiter cette oeuvre en travaillant à son album solo. «J'avais développé le concept d'une chanson à propos d'un monarque très égoïste et je voulais lui donner une voix au milieu de la chanson. Je trouvais que ses paroles avaient plus d'impact en français.»
Amalgame
Sur Exegis, Penner offre à son public ses compositions dans un amalgame d'électro, de rock et de folk. «Ce mélange des genres fait partie de mon historique. J'ai toujours eu une curiosité à savoir comment on fait fonctionner ensemble différents instruments et programmes», indique-t-il, ajoutant que les pièces d'Exegis ont été composées durant la période 2004 à 2013.
«Ça peut expliquer aussi le mélange des styles puisque chaque chanson a évolué selon le traitement que j'en ai fait au fil des années. Elles sont devenues ce qu'elles sont présentement à force de les faire!»
Le musicien assure d'ailleurs qu'il interprétera des pièces de ses différents projets, notamment Clues et The Hidden Words, à l'occasion de son spectacle à Québec. «Il y en a certaines que je jouais déjà avec Clues et il y aura aussi des chansons inspirées des Unicorns.» Est-ce qu'il se risquera à interpréter une ou deux pièces du trio mythique avant l'incontournable réunion? «Peut-être, je n'ai pas encore décidé ça!», laisse-t-il échapper.
Vous voulez y aller?
Quoi : Alden PennerOù : Le Pantoum, 76, rue Saint-Vallier OuestQuand : vendredi 28 février, 21hTél. : 418 573-9137Courrier électronique : pantoum.lephoque@gmail.comBillets : 10 $
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Les Unicorns revivront cette année
Ceux qui ont vécu et apprécié l'essor de la scène indie montréalaise au début des années 2000 seront heureux d'apprendre que le mythique trio The Unicorns, qui était l'une des étoiles montantes de cette scène avant de se séparer subitement, revivra en 2014.
«On a déjà commencé à en parler. On peut dire que c'est très, très possible qu'on se reforme cette année. Pour l'instant, on parle de trois ou quatre spectacles. Reste à savoir où et comment», a déclaré le guitariste et bassiste Alden Penner en entrevue au Soleil au sujet du groupe qui a existé de 2000 à 2004.
«Ça va se faire, mais il faut trouver le moyen d'arranger nos horaires à tous les trois. On s'échange beaucoup de courriels à ce sujet ces temps-ci!», explique Penner à propos de ses acolytes Jamie Thompson (batterie) et Nicholas Thorburn (voix et claviers). Thorburn réside maintenant en Californie et il est le leader du groupe Islands, qu'il a formé à Montréal après la dissolution des Unicorns.
Pas un hasard
Le choix de la présente année pour une réunion du groupe n'est pas un hasard puisque The Unicorns : 2014 est le titre d'une pièce du premier album du groupe, Three Inches of Blood, lancé en 2002, de même que celui du dernier mini-album que le trio a fait paraître peu avant sa dissolution.
«Demain, c'est 2014, quand j'aurai 32 ans et que nous en aurons 13. Mais restera-t-il assez de place pour moi, aurai-je suffisamment d'oxygène pour respirer?», s'interroge d'ailleurs Thorburn dans cette chanson.
«Nick avait écrit une vision du chemin que parcourrait notre groupe à travers les années. Pour lui, il voyait le groupe durer tout ce temps-là et encore plus loin, jusqu'en 2025. C'est devenu un peu ironique puisque nous avons cessé de jouer ensemble en 2004», explique Penner.
Pause nécessaire
Le musicien estime toutefois que cette «pause» de 10 ans était nécessaire. «Je pense qu'on avait besoin de ça. Depuis ce temps, on a su mettre de côté nos différends. On est maintenant moins tentés de réagir fortement à des trucs qui sont arrivés par le passé et c'est grâce à cette maturité-là qu'on peut être prêts à jouer ensemble de nouveau.»
Ce n'est un secret pour personne que des conflits entre Penner et Thorburn-Thompson avaient été à l'origine de la fin des Unicorns, les deux «T» formant ensuite Islands. «N'oublions pas que The Unicorns avait été formé alors qu'on était encore à l'école secondaire! Nick prenait ça très au sérieux au niveau conceptuel, mais au départ, il n'était pas vraiment un musicien.»
Il a d'ailleurs fallu quelques années avant que Penner et ses anciens acolytes ne s'adressent la parole à nouveau. En 2010 cependant, Penner et Thompson se sont associés au sein du projet The Hidden Words. «Je vois Nick moins souvent puisqu'il est plus souvent aux États-Unis, mais on a appris à renouer notre amitié qu'on avait perdue quelque part entre 2003 et 2004», termine Penner.