Alain Gravel, qu'on ne verra ni n'entendra plus à Québec, est conscient de projeter l'image d'un homme sévère, pas tout à fait la qualité première d'un morning man. «J'ai envie que les gens me connaissent autrement que par le personnage méchant, un peu austère», confie le journaliste, qui se dit «capable de déconner», curieux de sport et de culture.

Alain Gravel tourne la page d'Enquête

Les plus corrompus doivent un peu mieux respirer depuis qu'ils ont appris qu'Alain Gravel quitte l'émission Enquête. Le journaliste et animateur abandonne les enveloppes brunes pour devenir le nouveau morning man d'ICI Radio-Canada Première dans la métropole cet automne.
Question de montrer son côté givré, il renonce à l'adrénaline de l'enquête pure et du désir de faire éclater la vérité. «C'est sûr que j'aurai un deuil à faire», affirme Alain Gravel, qui croit laisser l'émission Enquête entre bonnes mains. «L'équipe est solide, l'émission va rester très longtemps.» Pour l'instant, aucune décision n'a été prise quant à son remplacement, mais il est clair que le nom de Marie-Maude Denis apparaît en haut de la liste.
Alain Gravel, qu'on ne verra ni n'entendra plus à Québec, est conscient de projeter l'image d'un homme sévère, pas tout à fait la qualité première d'un morning man. «J'ai envie que les gens me connaissent autrement que par le personnage méchant, un peu austère», confie le journaliste, qui se dit «capable de déconner», curieux de sport et de culture.
À la radio, il succède ainsi à Marie-France Bazzo, qui a quitté ce micro au début du mois en raison d'un désaccord avec la direction sur la formule de l'émission matinale. Le diffuseur considérait que l'animatrice consacrait trop peu de temps et d'efforts à son émission de radio. Contrairement à Mme Bazzo, qui avait dit se donner un an pour battre son adversaire Paul Arcand du 98,5, Alain Gravel n'a pas souhaité faire quelque prédiction que ce soit. Sage décision. «Mon seul objectif, c'est que ça marche», dit-il, avouant se lancer avec «une certaine insouciance».
S'il n'a pas été le seul à dévoiler les scandales qui ont ébranlé le monde de la construction, disons qu'il représente l'un des symboles les plus forts de la lutte contre la corruption. Avec sa collègue Marie-Maude Denis et une équipe aguerrie, il a su se tailler une solide crédibilité en plus de gagner le respect et la confiance du public. Mais voilà, après 37 ans de reportage et huit ans d'enquête sur la corruption, il avait envie de faire autre chose. «Avant tout, je reste un journaliste. Mais j'avais besoin d'air des fois», admet-il.
Maintenant que la commission Charbonneau est terminée, Alain Gravel a le sentiment du devoir accompli. Le métier de journaliste d'enquête n'est pas sans risque, aspect qui est très bien illustré dans le livre Dans les coulisses d'Enquête et qui a fini par irriter la femme du journaliste, certainement soulagée aujourd'hui!
Alain Gravel a animé l'émission Enjeux dès 1997, avant d'enchaîner avec Enquête en 2007. Il avait entrepris sa carrière à Québec en 1978 à CKCV, avant de passer une dizaine d'années à CKAC à Montréal, puis aux nouvelles à TVA, couvrant entre autres la crise d'Oka et la guerre du Golfe. Récipiendaire d'un trophée Artis en 2013, il est pour une huitième fois en nomination dans la catégorie des affaires publiques au gala de dimanche prochain.
Les Dragons en difficulté
Contre la compétition qui se montre plus féroce cette saison, Dans l'oeil du dragon a beaucoup de mal à décoller. Lundi, l'émission d'ICI Radio-Canada Télé n'a pu rallier plus de 554 000 téléspectateurs; c'est 400 000 de moins que l'an dernier à pareille date. La nouveauté de Philippe Bond, Les 400 coups!, continue de lui faire mal à TVA, avec ses 1 338 000adeptes. Les Dragons ont même failli se faire battre par Ce soir tout est permis, vue par 498 000 télé-spectateurs à V.