Agression sexuelle: Joey Côté condamné à 18 mois de prison

«Peu importe l'habillement de la victime, peu importe qu'elle invite une personne du sexe opposé chez elle et peu importe ce qu'elle consomme, elle ne cherche pas à être agressée.»
La juge Christine Gosselin a cru «nécessaire» de placer cette remarque à Joey Côté, 32 ans de Québec, et à son avocat vendredi avant d'infliger à l'accusé une peine de 18 mois de prison pour avoir agressé sexuellement une jeune femme en 2008 avec l'aide de son frère, François Côté.
Un peu plus tôt, l'avocat de Joey Côté, Me Marc Delisle, avait laissé entendre que la victime s'était «exposée au risque».
Un soir de septembre 2008, la jeune femme a invité chez elle les frères Joey et François Côté, qu'elle a connus sur son lieu de travail. Elle venait de s'installer à Québec et considérait les deux hommes comme des amis.
Le trio a bu de la bière et fumé de la marijuana. En fin de soirée, la jeune femme, rendue nauséeuse par le mélange d'alcool et de marijuana, est allée s'étendre dans sa chambre. Elle a indiqué aux deux frères qu'ils pouvaient rester à dormir sur un matelas gonflable.
La victime s'est réveillée pendant la nuit en voyant François Côté couché à ses côtés, en train de lui flatter la joue. Elle a constaté que du sperme s'écoulait de son vagin, et qu'elle avait mal à l'anus. Elle a plus tard compris que Joey Côté l'avait pénétrée pendant son sommeil.
Les deux frères Côté ont plaidé coupable à l'accusation d'avoir agressé sexuellement et conjointement la jeune femme.
François Côté, 37 ans, avait déjà été condamné à une peine discontinue de 90 jours, son implication dans l'agression étant moindre. C'était au tour de Joey Côté à recevoir sa sentence, vendredi. Entre-temps, le plus jeune accusé avait tenté d'annuler son plaidoyer de culpabilité, ce qui lui a été refusé.
Quand son avocat, Me Marc Delisle, lui a demandé quelle sentence il s'attendait à recevoir, Joey Côté a répondu : «Peu importe la sentence, moi je reste non coupable en dedans de moi.»
Me Delisle a suggéré à la juge que «quand la victime et l'accusé prennent de la boisson et de la drogue [...] et qu'on invite deux garçons, est-ce qu'on ne s'expose pas au risque?»
La juge Christine Gosselin a plutôt estimé que Joey Côté «a profité de l'état de semi-conscience de la victime» pour l'agresser, d'autant plus, a-t-elle ajouté, qu'il ne cachait pas son intérêt amoureux envers elle.
Au moment de rendre sa décision, la juge a pris soin de préciser que la «vision archaïque imputant une part de responsabilité aux victimes d'agression sexuelle est contraire aux enseignements des tribunaux et aux efforts du législateur pour mettre un terme à cette forme de discrimination».
La juge a tenu compte du fait que l'accusé n'avait pas exprimé de remords ou de regrets et qu'il avait voulu se relever de son plaidoyer de culpabilité. Elle a rappelé que la victime avait souffert d'insomnie et de détresse psychologique à la suite des événements, ayant même tenté de se suicider.
Joey Côté devra purger une peine de 18 mois en prison, assortie d'une probation de trois ans. Il sera également inscrit au registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.