Agnès Maltais ouvre son local de campagne

Pauline Marois a beau dire que le Québec n'est pas encore en élections, sa ministre du Travail, Agnès Maltais, a pris possession de ses locaux de campagne hier matin. «Je suis prête», m'a déclaré Mme Maltais, un peu surprise de voir un journaliste du Soleil débarquer dans son nouveau quartier général, au 688, boul. Charest Est, dans le quartier Saint-Roch. Aux dernières élections, son local de campagne était situé rue Saint-Joseph. Les malins pourront toujours dire que c'est l'évocation ostentatoire de l'emplacement qui l'a fait préférer le boulevard Charest cette année. Ils constateront que son nouveau local est voisin d'un immeuble tout aussi ostentatoire, celui de l'Église de scientologie...
La ministre n'est pas seule à aménager ses locaux de campagne. Un organisateur du Parti libéral a indiqué hier que le mot d'ordre avait été donné à tous les candidats de faire de même. Selon cet informateur, le fait que la ministre Maltais occupe le sien aussi rapidement est peut-être un indice que Pauline Marois déclenchera les élections la semaine prochaine, au lieu d'attendre le 12 mars pour des élections le 14 avril. Un message a d'ailleurs circulé sur Twitter, samedi, provenant d'un travailleur d'élections du Parti québécois (PQ) qui soutient avoir été sollicité pour commencer à poser des affiches électorales dans la nuit de mardi à mercredi.
Quelle que soit la date du déclenchement, Philippe Couillard dévoilera de nouvelles candidatures au cours des prochains jours, dont deux noms importants dans la région de Montréal. L'un des deux nous surprendra, a révélé notre informateur, parce qu'il s'agit d'un candidat «atypique». C'est quoi, un candidat «atypique»? Impossible de savoir.
Du côté de François Legault, la machine est en marche pour la présentation du «plan Dubé» sur l'économie dans les heures ou les jours qui suivront le déclenchement des élections. Le «plan Dubé», c'est le fruit de six mois de travail du député de Lévis, Christian Dubé, visant à atteindre l'équilibre budgétaire dès cette année. La Coalition avenir Québec (CAQ) mise beaucoup sur cette présentation pour faire porter le débat sur l'économie au lieu de la laïcité. Mais avant même que ne s'amorce cette campagne électorale, l'enjeu de la souveraineté vient de faire son entrée dans le débat avec les déclarations du ministre Yves-François Blanchet sur la tenue d'un référendum à chaque «cycle péquiste». Le Devoir publiait d'ailleurs un texte samedi, faisant état de l'enthousiasme de plusieurs candidats du PQ pour une nouvelle campagne référendaire. L'enthousiasme pour une troisième aventure référendaire, c'est excellent pour ramener les souverainistes de Québec solidaire au bercail péquiste. L'envers de la médaille, c'est que ça risque aussi de ramener tous les fédéralistes de la CAQ chez les libéraux. Les passions autour de la laïcité, c'est de la p'tite bière comparativement à la controverse sur la souveraineté. La campagne n'est pas déclenchée qu'elle s'annonce très mouvementée.