«Ce qui est dit au caucus reste au caucus», s'est borné à répéter le caquiste Sylvain Lévesque.

Affiches «enlevées»: la CAQ a crié au loup trop vite

Après avoir accusé le ministère des Transports du Québec (MTQ) d'avoir décroché ses affiches électorales le long de l'autoroute Henri-IV, la Coalition avenir Québec (CAQ) a dû admettre mercredi que ses bénévoles ne les avaient tout simplement pas installées.
Le député Éric Caire, dont le visage apparaît sur ces publicités, a utilisé le mot «saga» pour décrire les événements de la journée. Et pour cause. 
L'affaire a débuté à l'heure de pointe du matin, sur un banc de neige à l'angle d'Henri-IV et de l'avenue Industrielle. Les candidats Éric Caire (La Peltrie), Mario Asselin (Louis-Hébert) et Sylvain Lévesque (Vanier-Les Rivières) y avaient convoqué les journalistes pour parler des problèmes de circulation à Québec, une priorité citoyenne pas assez discutée selon eux. 
Les représentants de la CAQ n'ont pas tardé à crier au loup, accusant le MTQ d'avoir confisqué six de leurs panneaux publicitaires «dans la demi-heure» suivant leur installation en bordure d'Henri-IV pendant la nuit. Les candidats ont réclamé leur remise en place immédiate et menacé de déposer une plainte au Directeur général des élections du Québec. 
Or, le parti politique a lui-même retrouvé ses moutons. Il s'est rendu compte en avant-midi que les bénévoles avaient installé une seule affiche, qui aurait disparu en cours de nuit pour réapparaître mystérieusement au matin. «Nos équipes continuent à mettre les autres», a alors balbutié, penaud, Cédric Lavoie, attaché de presse de M. Caire. 
La nouvelle campagne publicitaire de la CAQ s'articule autour de l'autoroute dont l'élargissement est imminent. «Voie réservée sur Henri-IV, c'est non», dit le slogan bien en évidence à côté de la photo d'Éric Caire ou de Mario Asselin, selon que l'on se trouve au nord ou au sud. Ce message sera martelé d'ici la fin de la campagne électorale.
Le MTQ n'a touché à rien
Le MTQ a fait savoir en début d'après-midi qu'il n'avait touché à «aucune» des affiches de la CAQ. Son porte-parole, Guillaume Paradis, a confirmé que les travailleurs d'élections ont été avertis pendant la nuit que l'emplacement - et non le message - ne passait pas la rampe. Ce sont les bénévoles qui ont choisi de s'arrêter après la pose de la première pancarte.  
Quand ils ont repris le boulot, en matinée, les patrouilleurs du MTQ veillaient au grain et ont conclu que les normes de sécurité gouvernementales n'étaient pas respectées. La Sûreté du Québec a été appelée à la sortie du boulevard Versant-Nord parce que les travailleurs d'élections étaient garés dans une zone où tout arrêt est interdit et qu'ils ne portaient pas de dossards de sécurité, mettant leur propre sécurité en danger. 
Les lieux d'affichage choisis sont également remis en question. Selon le MTQ, certaines pancartes engendrent des problèmes de visibilité dans les entrées et sorties d'autoroute, risquent d'être transformées en «projectiles» en cas d'impact et nuiront aux opérations de déneigement. La CAQ a été informée des sites problématiques et «au besoin, le MTQ les retirera», a indiqué M. Paradis. 
En fin d'après-midi, Éric Caire a senti le besoin de faire le point. Il n'a pas insisté sur le biais de communication à l'intérieur de son équipe, qu'il a attribué à l'heure des échanges survenus en pleine nuit, et a plutôt poursuivi sa critique du MTQ. 
Le député, qui en est à sa cinquième campagne électorale, a déclaré que c'était «la première fois» que l'installation d'affiches est autant surveillée le long d'une route, aussi passante soit-elle. M. Caire n'a pas porté d'accusations précises contre les Transports, mais s'est demandé s'il s'agissait d'«erreurs de bonne foi» ou de pressions politiques. 
La CAQ ne manifeste aucune intention de bouger ses pancartes, convaincue que les emplacements déterminés de concert avec ses conseillers juridiques sont sécuritaires et respectent les conditions édictées dans la Loi électorale du Québec. «On n'a pas reçu d'appel du MTQ pour les enlever», a noté M. Caire.