Hélène Desputeaux ne ne pardonne pas à Cinar de s'être approprié son personnage. Cinar a également sorti une panoplie de produits dérivés sans lui demander son avis.

Affaire Cinar-Robinson: la mère de Caillou se réjouit

La véritable mère de Caillou, Hélène Desputeaux, n'a pas caché sa joie en apprenant la décision de la Cour supérieure dans l'affaire Cinar-Robinson  : «Ravoir les droits sur son propre personnage, ça vaut plus que tout!» affirme la créatrice de livres pour enfants, qui continue encore aujourd'hui de voir son personnage utilisé à toutes les sauces par Cinar et Cookie Jar, malgré un règlement en sa faveur en 2005.
Elle crée le petit personnage chauve bien connu des tout-petits en 1989, et le fait vivre en images jusqu'en 1995, année qui marque le début d'une décennie «d'interminables et très lourds débats judiciaires autour de ses illustrations de Caillou», peut-on lire sur le site Internet de sa maison d'édition, Desputeaux-Aubin. «Maintenant, je dis que Caillou est revenu à la maison. Et je peux refaire le vrai de vrai bébé que j'avais créé à l'origine», raconte Mme  Desputeaux.
Elle ne pardonne pas à Cinar de s'être approprié son personnage. « Ils en ont fait un petit garçon de quatre ans! D'ailleurs, il n'était ni fille ni garçon, sans cheveux pour que tous les petits puissent s'identifier à lui. Il ne devait pas vieillir et n'avait pas plus qu'un an, un an et demi...», explique la créatrice. Cinar a également sorti une panoplie de produits dérivés sans lui demander son avis. «J'allais en magasin et je voyais ce qu'ils avaient fait faire, je le découvrais en même temps que tout le monde. Ils n'avaient aucun respect, aucun! Je ne sais même pas s'ils savent mon nom», s'indigne Mme  Desputeaux.
Un arbitre a tranché
Dans son cas, la Cour supérieur a décrété que c'était à un arbitre de trancher, «puisque la cause n'était pas d'intérêt public», selon Michel Aubin, le partenaire de vie et de création de Mme Desputeaux. Une entente a été conclue avec les éditions Chouette (l'intermédiaire entre Hélène Desputeaux et Cinar). Selon celle-ci, le nom de la créatrice devrait être mentionné chaque fois qu'un dessin de Caillou apparaît, ce qui est très loin d'être le cas, et des droits d'auteur devraient lui être directement expédiés régulièrement.
«Le plus important pour Hélène, c'était de récupérer les droits sur son univers graphique, et de pouvoir redessiner ce qu'elle voulait. Pendant des années, elle a subi des magouilles et de l'intimidation, chacun piochait dans sa banque d'images comme si son oeuvre était du domaine public, on lui interdisait d'être dans les salons du livre ou aux événements lorsque la mascotte de Caillou y était...» raconte M.  Aubin, qui en a gros sur le coeur. L'illustratrice a bien reçu un montant compensatoire des éditions Chouette et continue de toucher des droits d'auteur, mais bien au-dessous de ce qu'elle devrait recevoir, estiment-ils.
«L'argent, ce n'est rien par rapport à une vie brisée et à une oeuvre détruite», confie Mme  Desputeaux. Le couple continue toutefois d'accumuler des documents incriminant Cinar et ses acolytes, et examinera attentivement le jugement rendu hier en faveur de M. Robinson. Mais un retour en cour signifierait encore de nombreuses années de luttes coûteuses et éprouvantes devant les tribunaux... Un scénario qui ne plaît guère aux victimes.