L'Italien a su bâtir un programme solide sans aucun moment faible.

Adelmo Zucchero contagieux

Pendant quelques heures lundi soir, Québec était devenue un peu italienne tellement le guitariste et chanteur Adelmo «Zucchero» Fornaciari a n'a eu aucune difficulté à conquérir l'Impérial à l'occasion de son premier passage en carrière dans la capitale.
Commençant le spectacle seul avec sa guitare acoustique, assis sur une chaise éclairée par un faible projecteur, Zucchero a suscité une salve d'applaudissements immédiatement après son interprétation de Il Suono Della Domenica, se débarrassant par la suite de la chaise et mettant le feu aux poudres avec ses quatre musiciens.
Avec son tempérament latin, sa voix chaude, son rock en anglais et en italien à cheval entre Santana et Springsteen, le musicien sait comment animer une soirée, incitant les gens à se lever, à danser et à frapper dans leurs mains avec des airs rythmés et accrocheurs.
Il a beau être énormément influencé par la musique rock américaine, Zucchero demeure quand même un vrai rital dans l'âme. Sa casquette de peintre vissée sur la tête, il met d'ailleurs parfois sa guitare de côté pour laisser parler sa voix... et ses mains, fendant l'air avec de grands gestes.
Riche répertoire
L'Italien a démontré hier toute la richesse de son répertoire, puisant dans ses succès des 30 dernières années pour bâtir un programme solide sans aucun moment faible. Des rythmes dansants de Baila au gros rock de Everybody's Got to Know Something  ou Diamante en passant par le funk de Diavolo In Me et même Miserere en duo avec la voix du regretté Luciano Pavarotti, Zucchero joue, et gagne, sur tous les tableaux.
Son interprétation du classique Guantanamera en version italienne était particulièrement réussie, tout comme Senza Una Donna (Without a Woman), une pièce qui avait connu beaucoup de succès en Amérique en duo avec Paul Young et que Zucchero a interprétée en rappel, coiffé d'un chapeau à larges bords et vêtu d'un long manteau noir.
Le guitariste a également su s'entourer de musiciens de haut calibre pour sa tournée américaine, notamment le claviériste Nicola Peruch et la guitariste et choriste Kat Dyson. La présence de cette ancienne membre de Tchukon et du New Power Generation de Prince apportait d'ailleurs une saveur québécoise au spectacle puisque, même si elle est née en Virginie, l'habile musicienne à la peau d'ébène a passé une bonne partie de sa vie à Montréal.
Finalement, même s'il parle très bien l'anglais, le musicien s'est toujours adressé dans sa langue maternelle à la foule de Québec. À entendre les réactions des spectateurs des premières rangées, plusieurs représentants de la communauté italienne de la capitale s'étaient donné rendez-vous pour ce rare passage à Québec du natif de Reggio Emilia.