Adam Lamhamedi portera les couleurs du Maroc aux Jeux de Sotchi, où il participera aux épreuves de slalom et de slalom géant. L'athlète de 18 ans, qui a fait ses débuts avec le club de ski de Stoneham et s'entraîne toujours au Québec, possède la double citoyenneté canadienne-marocaine.

Adam Lamhamedi: de Québec à Sotchi... pour le Maroc

Le Québec comptera un athlète de plus aux Jeux de Sotchi. Mais celui-ci ne défendra pas les couleurs du Canada. Inscrit aux épreuves de slalom et de slalom géant, Adam Lamhamedi compétitionnera plutôt au sein de la formation marocaine, qui enverra deux skieurs et un substitut en Russie.
«Pour moi, c'est un rêve qui se réalise», a expliqué l'athlète né à Québec il y a 18 ans et qui possède la double nationalité canadienne-marocaine parce que son père est marocain.
«Un rêve, au départ, qui semblait être une idée farfelue, mais qui a commencé à se concrétiser à l'automne 2011 quand j'ai décidé de porter les couleurs du Maroc, le pays de mes ancêtres du côté de mon père. Depuis, chaque fois que je prends part à une compétition, même ici au Québec sur le circuit provincial [Super Série Sports Experts], je suis considéré comme un représentant du Maroc.»
Lamhamedi, qui a fait ses premières compétitions à l'âge de huit ans en tant que membre du club de ski de Stoneham avant de se joindre à Skibec Alpin, profite d'une situation assez spéciale. Au lieu de faire ses classes sur le circuit provincial et de gravir les marches menant à l'équipe nationale canadienne - le cheminement normal que devront emprunter ses amis de Skibec Alpin -, il a accédé directement à la formation marocaine, ce qui lui a ouvert les portes de compétitions internationales. Comme les Jeux olympiques de la jeunesse, où il a remporté une médaille d'or en super-G, en janvier 2012 à Innsbruck. Deux ans plus tard, c'est aux Jeux olympiques qu'il compétitionnera.
«C'est sûr qu'aux yeux de certains, j'ai peut-être brûlé des étapes. Mais ce qui joue en ma faveur, c'est que je figure parmi les meilleurs au Canada dans mon groupe d'âge. Ce n'est pas comme si je figurais parmi les derniers. Et j'ai quand même un certain niveau de ski. Avant les compétitions présentées en fin de semaine dernière, j'avais le maillot de meneur sur le circuit provincial. 
«Oui, j'ai sauté des étapes. Mais dans le fond, avec le potentiel que j'ai et avec du temps, je crois bien que j'aurais fini par les franchir. Je ne pense pas avoir rien volé», a ajouté le jeune athlète classé premier au pays en slalom et deuxième en slalom géant. En plus d'une récolte de 34 médailles entre 2011 et 2013, Lamhamedi a aussi son standard olympique en slalom et en slalom géant.
Prendre de l'expérience
Tout le Maroc suivra les exploits de Lamhamedi à Sotchi. Qu'à cela ne tienne, ce n'est pas ça qui va lui mettre de la pression sur les épaules.
«La pression, c'est toujours une question de préparation et d'objectifs. C'est certain que je ne m'en vais pas à Sotchi avec l'idée de gagner. Ce que je veux, c'est prendre le plus d'expérience possible auprès des meilleurs. Et je crois que c'est la même chose pour Tenza. Nous sommes une équipe jeune. Et avec mon frère, nous avons un certain potentiel à long terme. C'est donc important de garder le cap. Dans quatre ans, je serai encore jeune et je n'aurai même pas encore atteint mon peak en tant qu'athlète. Car je vise aussi les Jeux de 2018. Et qui sait, peut-être qu'à ce moment-là, je serai parmi les meilleurs.»
Mais pour le moment, son objectif est de représenter le Maroc honorablement. «Je veux réaliser une descente à la suite de laquelle les coachs des autres équipes vont dire : "Crime, il skie donc bien pour un Africain".» Quand j'ai gagné à Innsbruck, c'était ça la réaction que j'avais suscitée. Gagner une médaille, c'était quelque chose, mais se faire dire par des entraîneurs qui avaient passé leur vie dans le ski : "Tu skies vraiment bien", c'est cela qui vaut beaucoup. Et c'est ça qui fait que tu représentes bien le pays.»
Une très petite équipe
C'est vendredi qu'Adam Lamhamedi quittera le Québec en direction du Maroc pour y retrouver Kenza Tazi, la seconde athlète de la délégation du Maroc à Sotchi. Il y sera accompagné par son frère Samuel, le skieur substitut de la formation marocaine, et par son entraîneur Martin Côté. Le groupe passera deux journées au Maroc avant de s'envoler pour Sotchi en passant par Istanbul, en Turquie.
Quand on lui a demandé s'il appréhendait de se retrouver au sein d'une si petite délégation, le Charlesbourgeois a indiqué que non. «Je vais être avec mon frère. Quand je suis allé aux Jeux olympiques de la jeunesse, j'étais vraiment tout seul comme athlète. Et le reste de notre délégation se limitait à un entraîneur et à un chef de mission. Mais heureusement, j'avais plein d'amis dans la délégation canadienne. En étant avec mon frère, on va pouvoir découvrir tout ensemble et passer de très bons moments. Je ne me sentirai donc pas seul.»
Avec ses idoles
En arrivant au village olympique alpin à Sotchi, Adam Lamhamedi se sentira comme un enfant pénétrant dans le vestiaire de son équipe favorite de la LNH où sont réunis tous ses joueurs favoris. La trentaine de skieurs qu'il suit et qui lui servent de modèles seront tous présents.
«C'est certain que je vais côtoyer mes idoles au village olympique. Ça se pourrait même que je mange à côté d'eux. C'est vraiment excitant d'y penser. Ces gars-là sont mes idoles, mais la plupart sont extrêmement gentils et très humbles. Ils trouvent ça cool de nous voir et ils nous encouragent à continuer dans la même voie.»
Interrogé sur les skieurs qu'il aimerait croiser au village, le Canado-Marocain a parlé d'Alexis Pinturault, avec qui il s'est entraîné il y a un mois au Colorado. 
Décoré par le roi 
Depuis sa conquête de la médaille d'or en Super G au Jeux olympiques de la jeunesse, Adam Lamhamedi est une vedette au Maroc où il se rend au moins une fois par année afin de visiter sa famille du côté paternel. Décoré par le roi Mohammed VI, il est aux yeux de nombreux jeunes Marocains un héros...
Adam ne tarit pas d'éloges lorsqu'il est question de son frère. «À 16 ans, Sam est parmi les meilleurs skieurs au Québec tous âges confondus. Il sort du lot. Il a vraiment le potentiel pour faire les Jeux de 2018. La raison pour laquelle il n'a pu prendre part aux Jeux de cette année c'est que le CIO avait changé les standards. Et j'espère que dans quatre ans, on pourrait être tous les deux aux Jeux...»