Mario Greendale a été électrocuté lors d'un saut en parachute le 1er juillet 2008.
Mario Greendale a été électrocuté lors d'un saut en parachute le 1er juillet 2008.

Accident mortel de parachute: une erreur de l'instructeur

Matthieu Boivin
Le Soleil
L'homme de 32 ans qui est mort électrocuté à la suite d'un accident de parachutisme, le 1er juillet 2008, à l'aéroport de Saint-Jean-Chrysostome, a été victime d'une erreur de l'instructeur au sol, qui l'a envoyé dans les fils électriques par mégarde en lui donnant les dernières directives pour atterrir.
Telles sont les conclusions du rapport du coroner Jean-Marc Picard qui a été rendu public jeudi, par le Bureau du coroner. En cette journée d'été, Mario Greendale  allait effectuer, en compagnie d'un ami, son premier saut en solo en parachute sous la supervision de l'entreprise Atmosphair. Il avait suivi et réussi auparavant un examen théorique.
Le saut s'effectuait à une hauteur de 3500 pieds. Juste avant l'accident, en fin d'avant-midi, cinq personnes étaient à bord de l'avion : la victime, son ami, un autre parachutiste, un instructeur de largage et le pilote. Dès que M. Greendale a sauté dans le vide, son parachute s'est déployé comme convenu et le saut semblait bien se dérouler. Dans son rapport, M. Picard explique qu'à la fin de la descente, l'instructeur au sol a demandé à M. Greendale, à l'aide d'une radio, d'effectuer une manoeuvre pour compléter son atterrissage.
«Il [Mario Greendale] lui restait à effectuer un virage à gauche et ensuite une légère correction pour se placer face au vent, explique le coroner. Il a donc reçu la directive de faire son virage à gauche. Il le fit et alors il se trouva face à l'instructeur au sol qui est au sud des tentes de pliage, la place habituelle des instructeurs radio. À ce moment-là, l'instructeur au sol croyait que M. Mario Greendale se trouvait du côté nord du chemin Bélair et que tout allait bien se passer.
«Malheureusement, M. Mario Greendale se trouvait au sud du chemin Bélair lors de son virage à gauche. Il se dirigea directement vers les fils électriques. Il monta les jambes pour les éviter, mais il y a eu impact et la voilure se referma sur les fils [trois lignes de 25 000 volts].»
Joint au téléphone, le coroner confirme que l'instructeur et une autre personne qui était en formation pour devenir instructeur au sol avaient tous les deux jugé que M. Greendale avait bel et bien passé les fils électriques et qu'il pouvait effectuer ce fameux virage qui lui a été fatal. L'ami de la victime et l'autre parachutiste venaient de compléter une manoeuvre similaire sans aucun problème.
«Pas de négligence»
«Oui, il y a eu erreur, mais je ne parlerais pas de négligence, précise-t-il. Avant le saut, le personnel de la compagnie de parachutisme a effectué toutes les vérifications nécessaires afin que le saut se déroule correctement. L'équipement de parachutisme a été inspecté à maintes reprises, le saut a été pratiqué au sol et un vol de reconnaissance à 1500 pieds au-dessus de la zone d'atterrissage a été effectué par l'avion avant le saut.»
Le coroner propose à Atmosphair de déplacer l'instructeur au sol, afin qu'il soit plus près des fils électriques, ce qui lui permettra de savoir où se trouvent les parachutistes en fonction des fils. De plus, il suggère que les radios des parachutistes puissent leur permettre de parler à l'instructeur au sol. Mario Greendale n'était pas en mesure de communiquer avec l'instructeur; il pouvait seulement l'écouter.
Malgré deux messages laissés aux bureaux d'Atmosphair, le directeur général de l'entreprise, Pierre Valiquette, n'a pas rappelé Le Soleil.