Philippe Baron, 23 ans, un militaire de Saint-Agapit, a perdu la vie en décembre 2012 lors d'un accident de ski à Stoneham.

Accident de ski à Stoneham: la témérité en cause

Le Bureau du coroner met en cause la témérité pour expliquer l'accident mortel de ski alpin qui a coûté la vie à Philippe Baron, 23 ans, à la station touristique Stoneham en décembre 2012. Le jeune homme a percuté à toute allure un lampadaire en bordure d'une piste alors qu'il faisait la course en downhill avec des amis.
Le militaire de Saint-Agapit s'était rendu à la station le 19 décembre 2012 en compagnie de quatre amis pour une soirée de ski planifiée depuis plusieurs semaines. Le groupe débute en empruntant la piste 7, La Gonnet, classée intermédiaire. À la troisième descente, un membre du groupe propose une course.
Philippe Baron possède un abonnement à la station. S'il skie depuis seulement un an, il connaît bien la piste. Il avait appris les rudiments du sport avec un membre de sa famille qui lui avait aussi expliqué les règles de sécurité, souligne le coroner Martin Clavet. Il était considéré comme un skieur prudent et moyen.
Ça ne l'empêche pas de participer à ladite course. Dans un virage, ses amis le perdent de vue. Ils remontent pour le localiser. Entre-temps, un autre skieur trouve la victime étendue au sol, sur le dos, au pied d'un lampadaire situé en bordure de piste.
M. Baron présente alors des signes d'un traumatisme facial : du sang au nez, à la bouche et aux oreilles, et l'absence de signes vitaux. Les patrouilleurs de la station arrivent sur place, puis le confient aux ambulanciers qui l'amènent à l'hôpital. L'imagerie médicale révèle notamment une hémorragie cérébrale, une fracture cervicale, d'autres au visage et des pneumothorax. Son décès est constaté à 23h20.
Analyse précise
Le coroner a déterminé que M. Baron n'avait consommé ni drogue ni alcool. Il avait un bon équipement et portait un casque. La sortie de piste et l'impact avec le lampadaire se sont produits dans un secteur rapide, juste après une inclinaison marquée, un pitch.
«Ses traces de skis démontrent qu'il effectuait un virage important sur la piste damée, et qu'il a parcouru environ 13 mètres en ligne droite en bordure de piste [hors piste damée] avant d'entrer en contact avec une roche enfouie sous quelques centimètres de neige. Il a effectué un vol plané jusqu'au lampadaire, près de trois mètres plus loin, à la suite de l'impact avec la roche», écrit le coroner.
Ce dernier note que la station affiche pourtant à plusieurs endroits un code de conduite en montagne qui proscrit les descentes rapides. Une affiche «Descente rapide interdite» est installée au sommet.
«La décision téméraire de faire une course en effectuant une descente rapide en downhill dans cette piste contrevenait aux règles de sécurité, d'une part, et l'a finalement exposé à une situation dangereuse étant donné son inexpérience, d'autre part», conclut le coroner Clavet.