Les voyageurs, qui devaient normalement se retrouver en vacances à New York pour la fin de semaine, ont été transportés en lieu sûr à bord d'un autocar d'une autre compagnie.

Accident d'autocar: de retour au bercail

Attendus par familles et amis, une quarantaine de passagers de l'autocar qui s'est renversé sur l'Interstate 87 dans l'État de New York, faisant un mort, sont rentrés au bercail tard vendredi soir.
Les voyageurs, qui devaient normalement se retrouver en vacances à New York pour la fin de semaine, ont été transportés en lieu sûr à bord d'un autocar d'une autre compagnie. Certains ont préféré revenir par leurs propres moyens et ont refusé de remonter à bord d'un véhicule de tourisme. Selon une porte-parole d'Autobus Fleur de Lys, à qui appartenait l'autocar accidenté, au moins quatre personnes, dont les trois blessés plus sérieux - et possiblement la mère de la victime, Chelssy Mercier - sont demeurées aux États-Unis et reviendront plus tard au pays.
Après des arrêts à Longueuil et Trois-Rivières, la majorité des passagers indemnes sont rentrés à Québec aux alentours de 23h30.
Catherine Archambault et ses deux fils sont arrivés dans la capitale, l'air fatigué, et s'estimant chanceux de s'en être sortis indemnes. «Toutes nos pensées vont à la famille de la défunte», ont spontanément déclaré Mme Archambault et l'un de ses fils, Vincent Chabot, à leur sortie de l'autocar.
Ces derniers ont raconté qu'ils dormaient lorsque l'accident s'est produit. «La majorité des gens somnolaient», a expliqué M. Chabot. «Je crois que ça a pu aider à ce qu'il y ait moins de blessés», a renchéri sa mère.
«C'était vraiment le chaos»
Au beau milieu de l'autoroute, où la circulation était maintenue sur une voie malgré l'accident, les passagers qui n'ont pas été blessés prêtaient main-forte à ceux plus incommodés, voire troublés. «Tout le monde a repris conscience en dedans de l'autobus pendant qu'on était renversés», a expliqué M. Chabot. «C'était vraiment le chaos. Tout le monde était sur l'état de panique et reprenait ses esprits. Moi, je n'étais blessé. J'essayais de voir les autres comment ça allait [...] J'ai essayé de voir s'ils avaient réussi à sortir la petite fille [Chelssy]... mais ils n'ont jamais été capables.»
L'un sans souliers, l'autre sans lunettes, les passagers sont arrivés à la maison dans le même état qu'à leur éprouvante sortie de l'autocar accidenté. Leurs effets personnels leur seront éventuellement renvoyés depuis les États-Unis. Dans le cas de bris, tout devrait leur être remboursé.
Georges Morissette, président d'Autobus Fleur de Lys, a tenu à accueillir les voyageurs après «cette pénible journée». «C'est le premier accident [avec décès] que je vis en31 ans dans le transport», a-t-il affirmé. Ce dernier a tenu à remercier les autorités américaines, canadiennes, qui ont permis de rapidement informer les familles de l'incident survenu aux alentours de 8h vendredi matin.
Le conducteur de l'autocar a quant à lui été rapatrié chez lui par un collègue chauffeur chez Autobus Fleur de Lys. Il sera rencontré par M. Morissette quand son état le permettra. «Il est troublé», a fait savoir son patron, qui rappelle que «son dossier de conduite est impeccable». M. Morissette a aussi louangé le travail de l'agence de voyages Jaimonvoyage, dont le propriétaire, André Poulin, s'est rendu sur les lieux de l'accident pour accompagner ses clients dans cette épreuve.
M. Morissette a aussi signifié que cinq de ses autobus achetés depuis 2012 - la compagnie possède 50 unités - sont munis de ceintures de sécurité. «C'est un choix corporatif.» Or, l'autocar qui s'est renversé n'en était pas muni.