Autobus Fleur de Lys, l'entreprise de l'autobus impliqué dans l'accident de vendredi, a dit posséder cinq véhicules munis de ceintures de sécurité parmi sa flotte. L'autocar qui s'est renversé aux États-Unis n'en possédait pas.

Accident d'autocar aux États-Unis: le débat sur les ceintures de sécurité relancé

La mort d'une adolescente de Lévis dans l'accident d'autocar survenu vendredi dans l'État de New York relance le débat sur la pertinence des ceintures de sécurité déjà soulevé par une tragédie semblable à Plessisville, en 2012.
Chelssy Mercier, 14 ans, a péri dans un accident d'autocar de touristes québécois qui a heurté un terre-plein après avoir dévié de sa voie. L'adolescente a été éjectée de l'autobus, puis est restée coincée sous lui lorsqu'il s'est immobilisé sur le côté.
En mars 2012, un autocar qui circulait sur la route 165, près de Plessisville, s'est aussi renversé sur le côté après que le conducteur eut perdu la maîtrise du véhicule. Deux passagers sont décédés et 46 autres ont été blessés, parfois grièvement.
Le coroner qui a enquêté sur les circonstances de cet accident mortel voit un «élément commun» avec celui ayant coûté la vie à Chelssy Mercier, vendredi matin.
Les deux autobus se sont renversés sur le côté après une perte de contrôle, des circonstances plutôt rares pour ce type de véhicule, observe Pierre Bélisle.
Un an après l'accident de Plessisville, le coroner Bélisle avait recommandé qu'une étude soit menée sur la pertinence ou non de munir les autocars de ceintures de sécurité.
Essais à faire
«Je ne sais pas si c'est la ceinture de sécurité qui est le bon moyen pour corriger la situation. Chose certaine, c'est qu'on n'en a jamais fait d'étude», a rappelé samedi Pierre Bélisle lors d'une entrevue téléphonique avec Le Soleil.
«Est-ce que ça pourrait devenir aussi dangereux d'être attaché que de ne pas l'être? Je n'avais pas de réponse à ça. Je me gardais une petite réserve en disant qu'il faudrait faire de bons essais et de bonnes expertises pour voir quels sont les meilleurs moyens de sécurité pour les passagers dans les autocars», ajoute le coroner Bélisle.
À sa connaissance, aucune étude sur la sécurité des ceintures dans les autocars n'a été réalisée depuis la sortie de son rapport, en mars 2013. «J'ai l'impression que l'industrie va peut-être s'autoréglementer avant qu'une loi ne les enjoigne de le faire», avance-t-il.
Autobus Fleur de Lys, l'entreprise de l'autobus impliqué dans l'accident de vendredi, a dit posséder cinq véhicules munis de ceintures de sécurité parmi sa flotte de 50 unités. L'autocar qui s'est renversé aux États-Unis n'en possédait pas.
À noter qu'il n'existe pas d'obligation au Canada de munir les autobus de ceintures de sécurité. Depuis 2012, plusieurs entreprises de transport se dotent néanmoins d'autocars avec ceintures, puisque des constructeurs ont fait le choix d'en ajouter à leurs modèles.
Des proches sous le choc
La famille de Chelssy Mercier est toujours sous le choc de sa mort tragique dans l'accident d'autocar survenu vendredi dans l'État de New York. Des membres de la famille immédiate de l'adolescente ont indiqué au Soleil vouloir garder leur deuil privé. Chelssy Mercier devait se rendre à New York pour la fin de semaine avec sa mère et sa tante. Cette dernière était visiblement bouleversée lorsque Le Soleil l'a jointe au téléphone, et a préféré ne pas s'exprimer sur le drame. D'autres proches ont livré leur incompréhension sur la page Facebook «R.I.P. Chelssy Mercier», créée par une amie de l'adolescente de Lévis. Samedi, une autre tante de Chelssy y a inscrit : «On clique sur "J'aime" mais je n'aime pas du tout, c'est un cauchemar, une injustice totale ma belle Chelssy.»