Avec l'ajout de services à domicile, le gouvernement devra injecter de nouvelles sommes, selon Diane Lavallée, directrice générale de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux.

Accès rapide à un médecin de famille: des amendes aux retardataires?

Les directions d'hôpitaux proposent un grand coup de barre pour améliorer l'accès à des soins médicaux et réduire le recours aux urgences. Elles suggèrent que des pénalités financières soient imposées aux médecins de famille qui ne verraient pas dans un délai de 24 heures un de leurs patients qui a un problème grave de santé.
C'est ce dont a fait part, mardi, la directrice générale de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Diane Lavallée, à l'occasion d'une conférence de presse sur les enjeux en santé dans la campagne électorale.
«Au Québec, la Fédération des médecins omnipraticiens propose plutôt des incitatifs financiers ou une prime pour voir un patient dans les trois jours. En Ontario, si le médecin ne voit pas un patient qui a une urgence dans les 24 heures, c'est une pénalité financière qui s'applique à sa rémunération», a-t-elle affirmé.
«Et si le médecin suit un patient qui a une maladie chronique - ça peut être une maladie pulmonaire, de l'hypertension, du diabète - et que ce patient se retrouve à l'urgence pour le suivi de sa maladie chronique, le médecin a une pénalité parce que le patient aurait dû être suivi par le Groupe de médecine familiale (GMF) ou la clinique médicale», a-t-elle poursuivi.
Selon Mme Lavallée, c'est la responsabilité des médecins de voir à dégager des plages horaires dans leur agenda pour voir dans un court délai des patients qu'ils suivent au lieu de les forcer à se rendre à l'urgence ou dans une clinique sans rendez-vous. «Ça existe déjà au Québec. Des médecins laissent des espaces dans leurs rendez-vous quotidiens pour répondre à des urgences sans incitatif financier. L'argent est tellement rare. Il faut que tout le monde se responsabilise», a-t-elle soutenu.
Couillard sème l'inquiétude
D'autre part, les dirigeants des hôpitaux, des CHLSD et des CLSC sont inquiets de la position du chef libéral Philippe Couillard qui entend maintenir les hausses de rémunération de 9 % accordées aux médecins. «Le report de l'augmentation est la seule avenue que l'on voit pour éviter de faire des compressions de 400 à 600 millions $ dans le réseau de la santé cette année. À défaut, on souhaite qu'il dise clairement à la population les services qu'il entend couper», a affirmé la directrice générale de l'AQESSS, qui a été candidate pour le Parti québécois en 1994.
Mme Lavallée ne croit pas qu'une réduction du nombre de cadres et de la bureaucratie soit suffisante pour dégager les sommes pour éviter des coupes de services. «La logique des compressions du côté administratif a atteint pas mal ses limites. On ne pense pas que c'est de ce côté qu'on va aller chercher des centaines de millions qui manquent au réseau», a-t-elle avancé.
Elle a indiqué que des gains d'efficience de 627 millions $ dans la bureaucratie ont été réalisés dans les établissements de santé au Québec au cours des quatre dernières années. De plus, le taux de cadres par rapport au nombre d'employés est moins élevé dans le secteur public que dans le privé, a-t-elle dit.