Le nouveau prix bisannuel comporte une bourse de 10 000 $, une exposition solo dans la salle 1 du Musée national des beaux-arts du Québec (au printemps 2015), l'élaboration d'une publication rétrospective, ainsi que l'acquisition d'oeuvres dans la collection permanente du MNBAQ, pour une valeur de 50 000 $.

Abolition d'emplois au Musée des beaux-arts: les employés ébranlés

Benoit Gosselin est catégorique: l'abolition de 12 emplois au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) affectera «plusieurs services à la population». Le conseiller syndical responsable d'une cinquantaine d'employés au MNBAQ a sursauté vendredi en lisant que la directrice générale, Line Ouellet, assurait que ces nouvelles compressions budgétaires n'affecteraient pas les visiteurs.
Selon Benoit Gosselin, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) dont font partie 10 des
12 employés congédiés par le MNBAQ, a reçu un avis d'abolition avant le congé de Pâques, mais n'a appris la nature exacte des postes coupés que par la bouche des employés touchés eux-mêmes. 
Du nombre, le secteur des ressources documentaires (qui s'occupe notamment de la bibliothèque) perd trois employés sur quatre, et le secteur de l'accueil et de la téléphonie, deux sur trois. Les services de la manutention, des ressources financières et des communications sont aussi touchés, détaille Benoit Gosselin. «Des employés qui avaient entre 6 à 25 ans d'expérience», précise-t-il. 
«Expertise unique»
Parmi eux, un technicien en arts graphiques, au MNBAQ depuis 25 ans, le seul employé qui s'occupait de la confection des catalogues d'exposition, donne en exemple le conseiller syndical. «Comment va-t-on faire ça dorénavant? [...] Ce sont des gens qui donnaient des services. Ils ont une expertise unique qui a été acquise au fil des ans et qui va disparaître du Musée. Alors que de l'autre côté de la bouche, on dit qu'on agrandit, pour donner une meilleure visibilité, plus d'espace pour l'art», déplore Benoit Gosselin. 
Bien que le contexte budgétaire soit difficile depuis plusieurs années, le conseiller syndical soutient que l'ambiance est particulièrement morose depuis l'annonce de ces nouvelles coupes. «Les membres sont abasourdis, ils ne comprennent plus rien. C'est pire que jamais. Ils ne savent pas où le Musée s'en va», affirme-t-il. 
Le départ récent du directeur des collections, Paul Bourassa, dont les fonctions sont maintenant assumées par la directrice générale, a notamment causé des inquiétudes auprès des employés, rapporte Benoit Gosselin. Le sort du secteur des expositions itinérantes serait aussi dans le flou depuis un moment déjà.
Manque d'information   
Le SCFP déplore particulièrement le manque d'information et de collaboration de la direction dans cette dernière vague de compressions. «C'est l'inquiétude totale. Il ne faut pas laisser ça comme ça. On n'en veut pas à la direction générale, on comprend qu'il y a des compressions budgétaires, on comprend qu'ils ont des devoirs et des responsabilités, mais on aurait souhaité beaucoup plus de collaboration de leur part», explique Benoit Gosselin. 
Selon lui, dans les dernières années, la collaboration entre le syndicat et la partie patronale a mené à des réorganisations plus harmonieuses et moins déchirantes, notamment dans le secteur de la sécurité en 2011.  
«On a toujours été un syndicat qui privilégie le partenariat, la discussion. On ne veut pas jouer les gros bras, on a toujours voulu trouver des solutions à l'intérieur de nos limites. Mais de la façon que ça se passe présentement, on a l'impression que notre expertise est mise de côté. [...] Les gens sont très inquiets, ils ne savent plus à qui faire confiance. C'est pour ça qu'on sort aujourd'hui», conclut le conseiller syndical.
La culture, «pas juste une dépense»
Les compressions budgétaires ont aussi laissé des traces dans les autres musées nationaux (Musée d'art contemporain de Montréal et Musée de la civilisation de Québec) durant les dernières années. Au Musée de la civilisation (MCQ), certains projets d'expositions ont été abandonnés, et certains postes, comme celui de conservateur des livres anciens, ne sont présentement pas pourvus, faute de moyens. «Le rapport Corbo [publié en octobre dernier] est clair là-dessus: il faut revoir le financement des musées au Québec», affirme Michel Côté, directeur général du MCQ. Surtout que les enveloppes gouvernementales consacrées aux institutions muséales n'ont pas été indexées depuis plusieurs années, alors que les coûts d'exploitation, eux, ont continué d'augmenter, note le directeur de l'établissement de la rue Dalhousie. 
«La culture, ce n'est pas juste une dépense», insiste Michel Côté. «Il y a un retour financier important», soutient-il, en ajoutant que le tourisme culturel est très payant pour une ville. Les grandes expositions internationales, comme Les maîtres de l'Olympe, inaugurée cette semaine, ont un effet économique semblable aux autres «grands événements» en ville, estime le dg. 
Le financement privé permet de pallier certains besoins des musées nationaux, reconnaît le directeur. Air Transat, par exemple, commandite la nouvelle exposition consacrée à la mythologie grecque, dont les objets proviennent des collections nationales allemandes. «Mais on est à Québec, pas à Toronto. Il y a un seuil, ce n'est pas un élastique qu'on peut étirer à l'infini», note Michel Côté.