Pauline Marois et son nouveau candidat dans Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau

Abandon de la révision de la loi anti-scabs: sans lien avec PKP, dit Marois

L'entrée sur la piste électorale de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau n'a rien à voir avec le fait que le Parti québécois (PQ) a retiré de son programme la promesse de moderniser la loi antibriseurs de grève, assure Pauline Marois.
La chef du PQ a répondu par une phrase lorsqu'elle s'est fait demander s'il y a un lien entre la nouvelle plate-forme d'élections et le dirigeant d'une entreprise qui a décrété de douloureux lock-outs au Journal de Québec et au Journal de Montréal, à la fin de la décennie 2000.
«Aucun lien avec la candidature de M. Péladeau», a laissé tomber Mme Marois, dimanche à Saint-Jérôme, où elle a présenté la grande vedette dans son équipe.
Le temps passe, les choses changent, a philosophé de son côté le principal intéressé, quant à l'accueil que pourrait lui réserver le mouvement syndical.
Ç'a été dur, particulièrement pour le Journal de Montréal, a admis M. Péladeau. «Je me rappelle d'avoir négocié» un accord, en pleine période des Fêtes, s'est-il rappelé.
Mais l'homme ne renie absolument pas ses décisions de pdg à l'époque de conflits qui étaient à la base même de l'idée de réviser la loi adoptée sous le gouvernement de René Lévesque, dans les années 70.
Le monde des médias écrits doit s'adapter à un nouveau modèle d'affaires - semblable à celui que met de l'avant Québecor -, même s'il s'est heurté aux syndicats, a plaidé M. Péladeau.
«La haute direction doit assumer ses responsabilités. Si elle ne le fait pas, devinez quoi? Elle sera changée. C'est de cette façon que ça marche.» Pierre Karl Péladeau, jusqu'à dimanche président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, s'est fait rassurant sur sa façon d'entrevoir les relations avec le secteur public.
L'entreprise privée et l'État sont deux choses complètement différentes. La première «est redevable à l'égard de l'actionnaire». Le second, «à l'égard du citoyen et de la collectivité. Je ne crois pas que l'État doit être dirigé comme une entreprise privée».