Le nom de la chef du Parti démocratique progressiste, Tsai Ing-wen, était censuré samedi sur Weibo, le principal réseau social de Chine.

À peine élue, Tsai Ing-wen est censurée par la Chine

Après la victoire de la candidate de l'opposition Tsai Ing-wen à la présidentielle à Taïwan, son nom était censuré samedi sur Weibo, le principal réseau social de Chine, Pékin tentant de limiter le traitement médiatique de son élection et les discussions en ligne.
Les internautes chinois qui cherchaient sur Weibo, la très populaire plateforme de microblogs chinoise, le nom de Tsai Ing-wen ou même la simple expression en mandarin «élections de Taïwan» en étaient pour leurs frais.
Ils obtenaient pour toute réponse un message signalant le blocage des censeurs: «En raison des lois, règlements et politiques en vigueur, les résultats pour cette recherche ne peuvent être affichés».
Mme Tsai a enregistré samedi une victoire électorale écrasante pour devenir la première femme présidente de Taïwan, le parti au pouvoir du Kuomintang, favorable au rapprochement avec Pékin, ayant concédé sa défaite.
Depuis 1949, Taïwan vit sa propre destinée distincte du régime communiste de Chine continentale, mais l'île n'a jamais déclaré officiellement son indépendance, et Pékin la considère toujours comme partie intégrante de son territoire.
Cette victoire historique de Tsai Ing-wen était dans l'immédiat rapportée a minima par l'écrasante majorité des sites chinois, qui parlaient d'«élections du dirigeant de la région de Taïwan», en évitant soigneusement le terme de «président» qui entérinerait la souveraineté de facto de l'île.
Ce traitement contrastait avec la place de choix accordée à l'inauguration de la Banque asiatique d'investissement (BAII) par le président chinois Xi Jinping.
L'affaire Chou Tzu-yu
Plus tôt dans la journée, c'était le nom de la chanteuse taïwanaise Chou Tzu-yu, 16 ans, qui avait été banni de Weibo.
Cette membre d'un groupe de pop sud-coréenne avait été contrainte de s'excuser pour avoir agité le drapeau taïwanais dans une vidéo. L'affaire, révélée le jour même des élections, a fait grand bruit à Taïwan, en ravivant la fierté identitaire de nombreux électeurs et en suscitant l'indignation des candidats à la présidentielle.
Dans un communiqué publié samedi, un porte-parole du Bureau du gouvernement chinois en charge des affaires taïwanaises avait réagi en estimant que «certaines forces politiques» essayaient «de tirer profit [de l'épisode] pour semer la discorde des deux côtés du détroit» de Taïwan.
Concernant le processus électoral alors en cours, il avait indiqué: «Nous n'interviendrons pas, nous maintiendrons notre attention sur les relations de par-delà le détroit».
Celles-ci pourraient connaître quelques turbulences en raison de l'alternance politique à Taipei, après huit ans d'une politique inédite de resserrement des liens entre les deux pays.