Alexander Radulov récupère une rondelle dans un seau lors d'un entraînement de l'équipe russe en début de semaine.

À la rencontre des anciens Remparts

Votre mission, si vous l'acceptez, serait de rencontrer les joueurs de l'équipe championne de la Coupe Memorial 2006 des Remparts de Québec participant aux Jeux olympiques. La commande ne vient de personne, juste d'un réflexe. Aucune médaille à l'enjeu, seulement un reportage dans nos pages!
Mercredi à Sotchi, le soleil brille au point qu'une couche de crème solaire ne serait pas superflue. Pour une rare fois depuis notre arrivée, pas besoin de se rendre à la montagne pour assister à une épreuve sur neige, qui ne ferait pas long feu au parc olympique. À 16 °C, on comprend pourquoi. Aujourd'hui et vendredi, le thermomètre montera à 17 °C, les Jeux du printemps sont en cours...
Le hasard veut qu'à l'horaire, les équipes de hockey de la Russie, du Canada et de la Slovaquie sont convoquées à des séances d'entraînement, tantôt sur la patinoire secondaire de l'aréna Bolchoï, tantôt sur celle d'exercice construite juste en face. Un aréna qui ferait le plaisir de n'importe quelle municipalité du Québec.
Les trois joueurs en question se nomment Alexander Radulov, Marc-Édouard Vlasic et Michal Sersen. En 2005-2006, ils étaient des rouages importants de la conquête de la Coupe Memorial sous la direction de Patrick Roy, qui faisait ses débuts à titre de diable rouge en chef.
Premier arrêt, le Bolchoï pour y voir Radu. Après être tombé d'abord sur l'exercice matinal de la Suède, qui jouait en soirée contre la République tchèque, on trouve finalement cette deuxième glace sous le fameux dôme qui devient multicolore à la tombée du jour.
Radu n'a pas changé
Les Russes ont commencé leur entraînement sous les regards des caméras, journalistes, curieux. On repère vite Radulov, le même qu'à l'époque où il était le leader offensif des Remparts. Au centre de la patinoire, le numéro 47 s'amuse avec une rondelle quand ses coéquipiers exécutent les consignes de l'entraîneur. À son tour, Radu décampe comme une fusée, y va de quelques feintes, trouve le fond du filet.
Il n'a pas vraiment changé, son style est encore spectaculaire. Il est physiquement plus costaud qu'à ses deux années à Québec, porte une barbe de plusieurs jours. L'entraînement tire à sa fin, mais il reste sur la glace pour lancer sur le gardien à sa demande, s'échanger la rondelle avec un coéquipier, marquer dans un filet désert en levant les bras comme dans un match important. On s'en doute, il sera le dernier à quitter la patinoire.
Mais au lieu de tourner à gauche en rentrant au banc, il prend la droite et file au vestiaire. Cette journée-là, seulement trois joueurs russes viendront à la rencontre des journalistes dans la petite zone mixte surpeuplée. Radulov ne sera pas l'un d'eux. Serait-il possible de lui parler, demande-t-on à l'attaché de presse. «Lorsqu'il sera l'un des trois ou si la pratique a lieu sur la glace principale, mais jamais le matin d'un match», nous dit-on à propos de celui qui est l'un des meilleurs joueurs à ne pas évoluer dans la LNH. Il s'aligne avec le CSKA de Moscou dans la KHL.
Pendant qu'Evgeni Malkin ne refuse aucune demande d'autographe à un groupe de jeunes à l'entrée du vestiaire, Radu s'y engouffre sans leur faire ce plaisir. «La dernière fois que je l'ai vu, il ne m'avait pas parlé non plus», nous rassurait Vlasic. On tentera notre coup à nouveau avec Radu si l'horaire le permet, mais la montagne semble nous faire des signes pour aller la voir dans les prochains jours...
Sersen blessé
Pour ce qui est de Sersen, le défenseur slovaque qui était un joueur de 20 ans à Québec lors de la conquête, on s'est finalement aperçu qu'il n'était pas du voyage à Sotchi avec l'équipe du pays des frères Stastny. Une blessure l'a empêché de participer aux Jeux olympiques, au grand regret de Vlasic, qui aurait bien aimé revoir son ex-coéquipier, qui évolue aussi dans la KHL sous les couleurs du Slovan de Bratsilava.
Force est de constater que notre mission n'a pas été complétée à 100 %. Comme prévu, il n'y a pas de médaille à mon cou, mais plutôt ces lignes dans le journal. Et peut-être aussi un coup de soleil!