Dave Lévesque est régulier comme une horloge. Vainqueur du Championnat de la PGA du Canada, la semaine dernière, le golfeur a continué sur sa lancée, jeudi, en remettant une carte de 68 à l'Omnium du Québec.

À égalité en tête, Dave Lévesque est au sommet de son art

Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les autres, mais ils devront s'y faire. «Je joue présentement le meilleur golf de ma vie», affirme Dave Lévesque, qui partageait avec l'Ontarien Conor O'Shea la première place à l'issue de la première ronde de l'Omnium du Québec Promutuel Assurance présenté par Golf de La Faune.
Vainqueur du Championnat de la PGA du Canada, la semaine dernière, Lévesque a joué une ronde initiale de 68 (- 4), jeudi après-midi, pour montrer qu'il n'avait pas l'intention de réduire la cadence sur les allées du club en bordure de l'autoroute Laurentienne.
«Malgré trois mauvais trous de trois coups roulés, le chiffre [68] me satisfait. Si ça n'avait pas été de cela, ç'aurait été une ronde parfaite. J'ai bien frappé, je n'ai pas été en difficulté. À chaque fois que tu joues au club de La Faune et que tu reviens avec la même balle, c'est une bonne journée», illustrait l'un des favoris de l'Omnium du Québec, qui renaît de ses cendres après une éclipse d'une vingtaine d'années.
Lévesque prenait le départ au 10e trou. Il a joué 34 (- 2) à l'aller et au retour. Il a réussi sept oiselets contre trois bogeys, dont deux consécutifs (18e et 1er).
Méthodique et curieux
O'Shea et Lévesque détiennent une avance d'un coup sur Yvan Beauchemin (La Tempête) et Marc Girouard (Le Diamant), qui ont joué 69 (- 3). Un contingent de huit golfeurs suit à 70 (- 1).
«À moins de conditions météorologiques extrêmes, mon objectif est de jouer - 5 par ronde. J'ai déjà gagné à - 11 ici, je suis à l'aise sur ce terrain. Je le connais bien, c'est un avantage parce que je sais où je m'en vais», soulignait celui qui a résidé pendant 12 ans à Québec pour ensuite s'installer sur la Rive-Sud de Montréal.
À 40 ans, Lévesque est au sommet de son art. Le meilleur golf de sa vie, il le joue depuis déjà quelques saisons. Tel un métronome, celui qui formait un trio avec Javier Sanchez (70) et Joe Data (74) est régulier. Méthodique, chaque coup est réfléchi. Curieux, il connaît le classement de la journée avant de s'élancer. La renaissance de l'Omnium du Québec, qui offre un enjeu de 100 000 $ (dont 18 000 $ au champion), amène de nouveaux visages dans le tableau des inscrits.
Quelques trous devant, O'Shea obtenait le même pointage que lui. «Il y avait un fort vent de côté, tout dépendra de sa force au cours des prochains jours», estimait le Torontois qui avait terminé sixième au Championnat canadien des adjoints sur ce terrain, en 2009.
Sanchez satisfait
À deux coups de la tête, Javier Sanchez se trouvait toujours dans le coup. «J'aurais aimé jouer trois ou quatre sous la normale, mais à - 2, je suis satisfait. Dave est solide, il a bien joué, et je pense être en très bonne position. Ce qu'on ne veut pas, c'est de jouer 75 ou 76 et se battre pour faire la coupure», disait l'Américain d'origine mexicaine.
Son bogey sur la normale 5 du 17e trou le tiraillait encore, tout comme celui sur le cinquième à normale 3. «Ici, vous avez plus besoin de précision que de distance. J'ai eu deux rondes de pratique en plus du Pro-Am [mercredi], je connais un peu plus le terrain, je sais qu'il faut rester dans les allées.»
La deuxième ronde de ce tournoi qui en compte quatre a lieu vendredi. Un premier groupe prend le départ de 7h à 8h20 et un second - incluant Lévesque, O'Shea, Beauchemin, Girouard et Sanchez - s'élancera de 11h40 à 13h.
***
Le plus long coup roulé
Avec une carte de 76 (+ 4), le vétéran Daniel Talbot (photo) n'a pas joué la ronde de sa vie, mais il a peut-être effectué le plus long coup roulé de sa carrière... «Après 100 pieds, j'ai arrêté de compter. C'était tellement, qu'il a fallu que je soulève mon talon gauche en frappant», rigolait celui qui a placé la balle à quelques centimètres de la coupe. Pour le reste, il n'a pas été en mesure de répéter la magie de sa victoire de la Coupe des champions en 2013, sur les allées du club de La Faune. «J'ai très mal joué. Si tu n'es pas à ton meilleur, oublie ça, surtout ici avec le vent. Si tu n'as pas le contrôle de la balle, tu en paies le prix et chaque fois que tu t'installes, tu appréhendes la catastrophe», ajoutait celui qui revendique trois victoires à l'Omnium du Québec (1979, 1981 et 1984). «On trouvait que les bourses étaient grosses à l'époque, mais je me demande comment on faisait pour arriver...»
Une dette envers Barré
«Le terrain m'en doit une couple», avouait Maxime Barré, récent vainqueur du Tournoi des maîtres de l'AGP (association des golfeurs professionnels du Québec), après avoir ramené une carte de 73 (+ 1). Le joueur gaucher a perdu une balle à chacun des deux premiers trous, pour ensuite se ressaisir. «J'ai eu cinq coups de pénalité, j'ai contourné la coupe trois fois et je finis à + 1. Au total, j'ai perdu trois balles, c'est beaucoup pour moi qui suis le genre à jouer avec une seule toute la ronde. Je ne suis pas trop loin [au classement] et il reste encore 54 trous», estimait celui qui a bénéficié d'un gain de confiance à la suite de sa victoire au Lac-Etchemin, voilà un mois. «J'ai gagné en réalisant un coup à la fois, il n'y a pas une autre façon de le faire.»
Pas de coups de poignard
Marc Girouard, du club Le Diamant, avait une façon bien imagée de résumer sa première ronde de 69 (- 3). «Je ne me suis pas donné de coups de poignard. Je n'ai pas eu trop de tracas, même si je n'ai pas drivé à mon goût. Pour bien jouer ici, il faut frapper de bons coups de départs, ce qui n'a pas été mon cas, mais j'ai réussi quelques birdies ici et là. Personne ne va remporter le tournoi aujourd'hui, mais il y en a qui vont se sortir. Si ça va comme cela demain, je suis en voiture. Ce n'est pas un terrain pour se reposer, on devrait être un peu fatigué dimanche après-midi.»
***
Beauchemin à - 3 malgré deux balles perdues
Que fait-on lorsqu'on perd deux balles sur le même trou? «Oh boy! Il faut s'accrocher et se réfugier dans sa technique», disait Yvan Beauchemin, auteur d'une carte de 69 (- 3) jeudi à l'Omnium du Québec malgré son double bogey au 15e trou marqué par la perte de deux balles à ses deux premiers élans. Le professionnel du club La Tempête n'est qu'à un coup des meneurs, en deuxième position.
«Dans les circonstances, ç'a bien été. Il s'agit d'un terrain exigeant et si tu n'as pas confiance en ton élan, la balle ne partira pas dans la bonne direction... Les balles perdues, on s'en remet. Quand tu joues en bas du par, ne viens pas te plaindre», disait Beauchemin en ajoutant qu'il n'y avait que 25 % du chemin de parcouru dans ce qu'il qualifiait de marathon.