70 %  du revenu, une règle générale... ou presque

La règle du 70 % de revenus de remplacement en vue de la retraite demeure un objectif sensé même s'il s'agit d'une règle générale. Il faut prendre le temps d'analyser les revenus et les objectifs pour le temps de la retraite.
Dans certains cas, selon l'évaluation des revenus, il faudra peut-être viser 100 % ou 120 % du revenu de la période de travail pour bien vivre la retraite, notamment chez les travailleurs à faible revenu. Pour d'autres, le 70 % incluant les prestations de la Régie des rentes, de la pension du Canada et du régime privé sera amplement suffisant. Il se peut même que 50 % ou moins permettent une belle retraite sans privation.
«Cette règle, expose l'actuaire Renaud Bourget, de Retraite Québec, c'est une moyenne pour l'analyse des cas. Ça correspond à la réalité de plusieurs. Mais il faut se préparer sérieusement à la retraite et réévaluer périodiquement les revenus disponibles et les objectifs.»
Si c'est une retraite avec des voyages une ou deux fois par année, les besoins ne sont pas les mêmes que si l'on envisage une retraite incluant du bénévolat ou des activités peu coûteuses. Avant tout, il faut évaluer les sources de revenus pour cette prochaine étape de vie.
«L'important, c'est d'apprendre à économiser tôt pour réaliser des projets si l'on veut que la retraite soit agréable», soutient l'actuaire de Retraite Québec Rafik Benmoussa. «La retraite, c'est un gros projet qui peut durer aussi longtemps sinon plus longtemps que la vie active de travailleur. Selon les statistiques sur l'espérance de vie, c'est ce qui est en train de se produire.»
Par exemple, au début des années 1900, l'espérance de vie était autour de 65 ans. Les gens mouraient bien souvent peu de temps après la prise de la retraite. Aujourd'hui, l'espérance de vie dépasse les 80 ans, de sorte que les personnes seront facilement à la retraite pendant 20 à 25 ans.
Selon un sondage de Retraite Québec en 2016 auprès des travailleurs de 35 à 49 ans, la notion de retraite se transforme. Ainsi, 59 % des gens interrogés souhaitaient se retirer progressivement du marché du travail. Dans une proportion moins élevée, 18 % des travailleurs préféreraient changer d'emploi plutôt que de prendre leur retraite. Moins du quart des personnes affirment qu'ils se retireront définitivement du travail à l'âge de la retraite.
«On parle alors de retraite à la carte, souligne M. Benmoussa, car les gens peuvent demander leur régime de rentes du Québec à 60 ans sans arrêter de travailler, mais en diminuant le nombre d'heures de travail.»
À 60 ans, la personne recevra environ 64 % de la rente accumulée. À 65 ans, elle vaudra 100 %, mais en attendant un peu plus, comme à 70, ce sera une rente à 140 %.  Plus les gens approchent de la retraite, plus ils seront sensibilisés aux conséquences de leur choix et à la valeur d'une rente indexée pour le reste de sa vie. C'est le cas pour le régime de rentes du Québec et la pension du Canada parce qu'elle représente un filet social. 
Avec ces éléments en main, la personne peut envisager les sommes qu'elle devra économiser pour réaliser ses projets de retraite. Plus on avance vers la retraite, plus il devient important de dresser un portrait de ses besoins. Il faut réviser ses stratégies régulièrement.
Un bon moyen de vérifier si les prévisions sont adéquates est d'utiliser le simulateur de revenus de retraite SimulR sur le site de Retraite Québec (tinyurl.com/jyb3g4t), indiquent les actuaires Rafik Benmoussa et Renaud Bourget. 
«Ce sont des outils faciles à utiliser pour vérifier si le 70 % de revenus à la retraite sera suffisant ou s'il faut économiser davantage pour avoir une meilleure sécurité financière pour les prochaines années. Les régimes publics sont comme le premier étage de cette maison qu'est la retraite. S'ajoute le deuxième étage provenant des régimes privés en entreprise, mais il ne faut pas oublier le troisième étage qui provient des économies de la personne», conclut M. Bourget.